Vidéo technique moto : la suralimentation des Kawasaki H2 et H2R

Les Kawasaki H2 et H2R sont des motos suralimentées ! Mais qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’elles mangent trop ?! Bah non, elles sont justes équipées d’un compresseur et on vous explique comment ça marche !

 

 

Retrouvez ici notre vidéo sur l’essai de la Kawasaki H2 et de Kawasaki H2R

 

RETRANSCRIPTION DE LA VIDEO

Quand on parle de la suralimentation d’un moteur, il s’agit de l’alimentation en air, et non pas en essence. Injecter plus d’essence dans un moteur n’est pas un problème. Mais ça ne sert à rien s’il il n’y pas assez d’air pour le faire bruler.

1 : D’une façon générale dans un moteur à essence, il faut que la masse d’air dans le cylindre soit 14,6 fois supérieure à la masse d’essence injecté. Ce rapport air/essence qu’on appelle rapport stœchiométrique correspond à la combustion optimale que l’on peut obtenir.

2 : Ok donc plus on peut faire entrer d’air, plus on peut injecter d’essence.

1 : C’est ça. Mais dans la plupart des moteurs de moto, on est vite limité pour faire entrer de l’air. Parce que la seule chose qui la pousse à rentrer dans les cylindres, c’est la pression atmosphérique. Quand un moteur respire de cette façon, on parle d’ailleurs de moteur atmosphérique. C’est le cas de quasiment toutes les motos.

2 : Mais pas la H2, c’est ça ?

Et non. Contrairement aux moteurs atmosphériques, la H2 est équipée d’un moteur suralimenté. L’air ne rentre plus grâce à la pression atmosphérique, il est propulsé sous pression dans les cylindres. Et ça permet de faire rentrer beaucoup plus d’air, et donc d’injecter plus d’essence.

2 : Ah Ok. Tout ça pour dire que c’est un moteur turbo quoi !

La différence entre un compresseur et un turbo

1 : Et ben non ça n’est pas un moteur turbo. Parmi les moteurs suralimentés, il existe différentes sources d’énergie pour comprimer l’air. Tu parlais des turbos, ou turbocompresseur. Ces systèmes utilisent l’énergie contenue dans les gaz d’échappement pour entraîner une turbine qui entraîne à son tour un compresseur centrifuge qui comprime l’air et l’envoie dans les cylindres.

La H2 n’utilise pas de turbo, mais un compresseur. Le compresseur qui comprime n’est pas entraîné par les gaz d’échappement mais par le vilebrequin via une liaison mécanique.

Vidéo d’un turbo où on la chaîne d’entraînement et le train épicycloïdal de la H2

2 : Ok. Je comprends tout maintenant.

1 : Attend c’est pas fini. On a vu qu’il y a plusieurs sources d’énergie pour la suralimentation. Les gaz d’échappement pour les turbos, et le vilebrequin pour les compresseurs.

Mais il y a aussi plusieurs types de système qui compriment l’air. Sur les turbos et sur le compresseur de ta H2, on trouve un compresseur centrifuge qui est une sorte de turbine à l’envers.

Mais il existe aussi les compresseurs volumétriques, à palettes ou à vis sans fin. Ces systèmes sont plus lourds et on les retrouve donc plutôt des voitures.

Un compresseur, ça chauffe

2 : Ok, j’ai tout compris.

1 : C’est toujours pas fini. Comprimer de l’air et l’envoyer dans les cylindres n’est pas anodin. Déjà quand on comprime de l’air, il chauffe. Or le moteur n’aime pas ingérer de l’air trop chaud, parce que quand le piston remonte et comprime à nouveau l’air et l’essence, la chaleur peut devenir trop importante et enflammer le mélange avant l’étincelle de la bougie. Ça s’appelle du cliquetis, et ça n’est pas bon du tout pour la santé du moteur.

Sur tous les moteurs suralimentés, le taux de compression est donc toujours plus bas que sur un moteur atmosphérique. Il faut moins comprimer le mélange dans le cylindre puisqu’il a déjà été comprimé avant.

Et sur certains moteurs suralimentés, on trouve ce qui s’appelle un intercooler. C’est tout simplement un radiateur situé entre le compresseur et l’admission du moteur, et qui permet de refroidir l’air comprimé.

1 : Ok c’est bon, là j’ai vraiment tout compris.

2 : non c’est pas fini…

1 : si, si, c’est fini là j’en ai marre !

2 : Bon bah à la prochaine alors.

 

 

 


Vos avis