VIDEO Essai Kawasaki Z900 : 45 ans de Z !

On a testé la nouvelle Kawasaki Z900 cuvée 2017. Car en 1972, une autre Kawasaki de 900 cm3 a marqué le monde de la moto de son empreinte : la légendaire Z1 ! La version 2017 de la Z connaitra-t’elle le même succès ? Au vu des prestations dynamiques de la bête, on pourrait le penser !

 

RETRANSCRIPTION DE LA VIDEO

 

Voici donc la toute nouvelle Z900. Celle qui va devoir remplacer la vieillissante Z800.

Alors, Kawasaki a-t-elle produit un engin ultra moderne gavé de technologie ?

Hé bien… non ! C’est même carrément l’inverse.

Côté inventaire, on peut rayer de notre liste la poignée des gaz par ride-by-wire, les différentes cartographies moteur, le control de motricité, le tableau de bord qui se commande au guidon ou encore le shifter. Tout ça, c’est niet.

Bon, y’a quand même l’ABS. Mais ça, ça ne compte pas puisque c’est devenu obligatoire sur les motos répondant aux normes Euro4.

Du coup sur le papier, la Z fait un peu figure de dinosaure face à ses rivales. Heureusement, elle est plutôt à ranger dans la catégorie des vélociraptors que des diplodocus.

En effet, grâce notamment à son carde tubulaire la Z900 a perdu 21 kilos par rapport à la 800. Et surtout, son nouveau moteur issu du bloc de la Z1000 a méchamment gagné en performance.

Bref, on a l’impression que Kawasaki a voulu revenir à l’essence même du roadster sportif. Un truc sans fioriture qui tient bien le pavé et qui pousse grave.

« Hé ben les gars, je vais être franc avec vous. Perso, je n’ai jamais trop aimé la Z750 et la Z800. Pour moi c’était lourd, pas très agile. Et puis, faut le dire, c’était un peu une moto de kéké quoi. Et là, la Z900  c’est plutôt pas mal. Lors de ces premiers tours de roue, je suis plutôt impressionné ».

« De là à dire que cette nouvelle Z900 va faire autant de bruit que la toute première Z900 qui a été présenté en 1972, j’ai des doutes. Mais bon, j’ai un pote qui s’appelle Didier Kaluza et lui, il kiffe les vieilles. Alors, on va aller lui demander ».

Pour ceux qui ne le connaissent pas, Didier c’est le pape des vieilles Kawa. Un mec capable de vous transformer une vielle épave en véritable bijoux.

« Salut Didier, tu vas bien ? Alors voilà la nouvelle, est-ce que tu veux bien nous montrer la toute première ?

– Pas de souci. C’est par là »

Alors quand la porte de son atelier s’ouvre, t’as un peu l’impression de remonter le temps.

Fini le plastique et le design taillé à la serpe de la nouvelle 900. Ici on fait dans le chrome, l’acier et les lignes tout en rondeur de la mythique Z1.

RENCONTRE AVEC UN SPÉCIALISTE DE LA Z1

« Bon Didier, est-ce que tu peux nous raconter ce que représentait cette moto quand elle est sortie ?

– Et bien je pense que c’est la toute première Superbike de l’histoire. Très clairement c’est la moto de tous les superlatifs. C’est une moto qui dépasse tout ce qui se fait à l’époque en termes de performances et en termes de production. Et elle a comme ambition de s’imposer sur le marché américain, puis ensuite sur le marché mondial ». 00.44 – 2.53 « Je relativise car c’est du jamais vu pour une moto de grande production. Il y avait des petits constructeurs qui sortaient des motos très performantes mais à des prix artisanaux. Là, c’est la moto extraordinaire mais de grande production. C’est un outil de production »

« Aujourd’hui, que représente cette moto pour tes clients ?

Un mythe. Une nostalgie, mais avec cette particularité que ça reste complétement utilisable. C’est une moto de convivialité. C’est-à-dire que quand on se promène avec une moto comme celle-ci, ça appelle à la convivialité. Les gens viennent vers vous (…couper…) disant moi j’en avais une. Très souvent les gens se remémorent la première fois où ils ont vu la moto. Ils te disent, tiens la première fois que je l’ai vu c’était en concession, ou c’était un voisin qui passait. Ça a frappé les esprits et les imaginations »

Pour info, la sortie de la Z1 fut assez rocambolesque. En 1969 et à la surprise générale, Honda dévoile la CB 750 et coupe l’herbe sous le pied de Kawa qui bossait aussi sur une 750 cm3.

La marque d’Akashi gèle son projet initial et les ingénieurs sont priés de revoir leur copie à la hausse.

Fin 1972, la Z1 est dévoilée au salon de Cologne. Elle est passé à 900 cm3, possède deux arbres à came en tête et lâche 82 chevaux.

« Pourquoi t’es tombé amoureux de cette machine ?

–  J’avais 12 ans, et je suis rentré et j’ai dit à mes parents c’est celle-là que je veux acheter. A partir de maintenant, vous ne me faites plus de cadeau pour mon anniversaire. Tout ce que je peux gagner en faisant des petits boulots, en allant tondre les pelouses de voisins, je vais économiser pour m’acheter la moto dans six ans. Parce qu’entre la présentation de la moto en 72 et l’époque où j’ai le permis, on est passé au permis à 18 ans »

« Y’a moyen de faire tour avec ?

– Absolument. Choisi celle que tu veux !

« Aurélien avant d’y aller j’avais une question. Kawaman c’est toi ?

– Heu non. Moi je suis journaliste à Moto Journal »

LA Z900 FACE A LA Z1

Évidemment quand on quitte la Z900 et qu’on installe ses fesses sur une Z1 vieille de 45 ans, ça fait comme un choc. La moto est longue, lourde, elle se dandine dans les virages et les premiers freinages provoquent de grosses sueurs froides.

Et dire qu’à l’époque c’était un véritable avion de chasse, doublé d’un immense succès commercial. Aux USA, les dealers ont vendu leur quota de moto pour l’année 1972 avant même d’avoir reçu les modèles d’expo. Et en France, mieux vallait connaître quelqu’un de bien placé chez l’importateur Kawa pour espérer recevoir sa Z1 dans un délai raisonnable.

Quand on pose nos deux Z côte à côte pour les détailler, on se dit que même si plusieurs décennies les séparent, la recette du bestseller demeure identique.

En effet, Kawasaki poursuit dans sa lignée du roadster sportif épuré. Certes le design général suit désormais les codes modernes, mais l’idée principale reste la même : deux roues, un guidon large et un quatre-cylindres bien velu.

Celui de la Z900 cube 948 cm3, développe 127 chevaux et il est gorgé de couple à bas régime.

L’autre grosse évolution de cette nouveauté concerne son cadre treillis. Il lui fait gagné un poids considérable, assure une bonne rigidité et facilité le refroidissement du moteur.

Il y a cependant quelques points qui pourraient nous faire regretter l’époque de la Z1. Comme le tableau de bord à double cardan plus lisible que la fenêtre digitale sur fond noir, la large selle bien moelleuse y compris pour le passager, et ses superbes flutes d’échappement bien plus sexy que le simple silencieux de la Z900.

Et puis, quand on roule au guidon de cette machine mythique, on a vraiment l’impression de chevaucher un morceau d’histoire. Mais bon, peut-être que dans 50 ans les motards du futur diront la même chose de la Z900.

« Alors c’est comment, t’en penses quoi ?

– Si j’avais déjà du respect pour les mecs qui faisaient de la moto avant, j’en ai encore plus. Considérer que cette moto est la Superbike de l’époque, c’est assez troublant. Le freinage est d’un autre monde, le châssis aussi. Mais le moteur, bah ça pousse en revanche ».

« Bon Didier, j’ai quand même un boulot. Je vais aller finir mon essai. Tiens, je te rends ta clé de boite aux lettres.

– ça marche, merci à toi.

– Un grand merci Didier. A la prochaine »

« Je suis sûr que c’est Kawaman ! C’est Kawaman ça ! »

LA Z900 en mode arsouille

Rouler sur de veilles brêles, c’est toujours instructif. Mais envoyer du bois sur un joujou comme cette Z900, bah c’est quand même jouissif. Et à ce petit jeu, la nouvelle Z a méchamment progressé !

La première chose qu’on kiffe, c’est son moteur. 9.7 mkg de couple à 8 250 tours/minute, des rapports de boite assez courts et une réactivité immédiate.

Quel régal d’essorer la poignée et de sentir la moto réagir instantanément. Petit bonus, Kawasaki a bossé sur la longueur des pipes d’admission de la boite à air pour offrir une musique magistrale à chaque montée en régime.

Heu faut quand même faire gaffe car il n’y a pas de traction control. Mais bon, le feeling entre la poignée des gaz et la roue arrière est excellent. Sans parler de la tenue de route qui a fait un gros bon en avant.

On se jette dans les virages avec avidité, on bouscule la moto dans les changements d’angle et la Kawasaki répond au doigt et à l’œil. On note que la japonaise peut avoir tendance à élargir sa trajectoire au moment de lâcher les freins, pile quand on arrive au point de corde. Chose plutôt logique compte tenu de l’inertie du gros quatre cylindre et du poids de la moto.

Enfin, malgré la présence d’étriers à fixations conventionnelle, le freinage jugule largement les performances de la moto.

LA Z900 face aux Z800 et Z1000

Du coup, la Z900 met un gros coup de vieux à la Z800.

Alors c’est vrai, on pouvait aussi rouler vite au guidon de la 800. Mais il fallait vraiment donner de sa personne, exagérer chaque phase de pilotage et posséder un certain bagage technique.

Sans parler du moteur qui se montrait moins vif et qui surtout, n’offrait pas du tout la même dose de sensation.

En revanche, on se dit que cette nouvelle Z900 risque de faire de méchamment l’ombre à la Z1000. Moins agile, plus chère, à peine plus puissante d’une quinzaine de chevaux et n’offrant elle aussi aucune assistance électronique, le gros roadster Kawa commence à manquer d’arguments face à sa petite sœur.

Bon, c’est vrai que c’est la moto de Kawaman ! Et c’est quand même incroyable d’avoir la meule d’un super héros de cette trempe. Mais il semble dorénavant impératif pour Kawasaki d’upgrader son roadster 1000 d’ici peu de temps.

NOTRE JUGEMENT

On a aimé

Le comportement et la disponibilité du moteur

La qualité de la partie cycle

La hauteur de selle basse pour les petits

La grande souplesse du levier d’embrayage

Et qu’il n’y ait pas d’assistance électronique

On n’a pas aimé                         

Le tableau pas toujours lisible en plein soleil

Le réservoir plutôt large au niveau des jambes

Et qu’il n’y ait pas d’assistance électronique, pour ceux qui croient que c’est important

 


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  1. claude le 28/03/2017 at 20 h 15 min

    Bonjour je voudrais vous demander si on peut acheter une moto Z 900 de 1972 chez ce monsieur restaurateur de machine vintage. si oui quel est le contact possible svp pour faire un achat chez lui . merci pour votre service.