Essai Vidéo de la nouvelle Triumph Street Triple 765 RS ?

La nouvelle Triumph Street Triple 765 RS est un roadster sportif très affuté. Sur route, elle offre d’incroyables performances. L’outil idéal pour prouver à nos confrères du magazine Le Cycle qu’un cycliste pro n’a aucune chance face à une moto !! A moins que…

RETRANSCRIPTION DE LA VIDEO

TRIUMPH STREET TRIPLE 765 RS

  • Prix : 11 600 €
  • Poids : 166 kg à sec
  • Puissance 123 chevaux

 On a aimé

  • L’efficacité globale de la moto
  • Le moteur disponible et performant
  • Les finitions très soignées
  • La polyvalence pour un roadster sportif
  • Le tableau de bord beau et lisible

 On n’a pas aimé

  • Le prix de la version RS
  • Le bruit de l’échappement court à la longue

 

Juste à côté du bureau de Moto Journal, il y a le bureau de cet excellentissime magazine Le Cycle. Bon, vous savez comment ça passe entre les mecs de différents services autour de la machine à café. Ça se vanne, ça s’embrouille. Et ben eux nous soutiennent qu’avec un professionnel au guidon, un vélo peut allait plus vite qu’une moto en descente. Pffff, n’importe quoi !

Bon, la parlotte et les suppositions ça va un moment. Alors pour montrer aux amateurs de bicyclettes qui sont les plus rapides sur la route, on a choisi ça : la nouvelle Triumph Street Triple RS

Le summum du sport, catégorie roadster mid-size. C’est vrai qu’avec cette moto, on ne leur laisse pas beaucoup de chance. Mais qu’est-ce que vous voulez ? On n’allait pas choisir une grosse GT avec un cameraman de 100 kilos en guise de passager façon Tour de France

On n’est pas là pour participer, on est là pour gagner !

PRESENTATION DE LA NOUVELLE TRIUMPH STREET TRIPLE 765 RS

Voici un sujet comme on les aime. C’est-à-dire décalé, inutile et donc parfaitement indispensable.

Et si notre ami cycliste ne s’est pas envoyé une grosse dose d’EPO dans les guiboles, il va avoir du mal à lutter avec la nouvelle Triumph Street Triple RS.

En effet, cette année la petite anglaise a de quoi faire parler la poudre. Sa cylindrée grimpe à 765 cm3, sa puissance monte à 123 chevaux et que cela soit au niveau des suspensions, du freinage ou des assistances électroniques, tous ces éléments sont à classer dans le haut de gamme.

Pour couronner le tout, la prise en main de cette petite bombe est très intuitive. Le gabarit est étroit, la position de conduite est sportive mais reste agréable et dès les premiers virages, on devine la grande agilité de la partie cycle.

Enfin, si la puissance du trois-cylindres est bien au rendez-vous, cette dernière arrive de façon feutrée. Ce qui permet d’accélérer très tôt en sortie de virage sans jamais être dépassé.

Hummm, tout ça sent bon le sport ! D’ailleurs, les Pirelli Supercorsa SP montés d’origine sur notre version RS sont là pour le prouver.

Moi je vous le dis, ça s’annonce corsé pour notre ami à pédales. D’autant qu’on a conservé un dernier atout dans notre manche.

« – Je sais qu’on a aucune chance de perdre, mais dans le doute, je vais miser sur mon pote Matt. Le journaliste le plus rapide de la rédaction de Moto Journal. Et là, le cycliste on va l’anéantir.

– On va le fumer ! »

LES DETAILS TECHNIQUE DU VELO ET DE LA TRIUMPH STREET TRIPLE RS

Pour ce duel, il fallait un lieu magistral. Ce sera ici, sur le versant Ouest du Col de Menté

Un pic pyrénéen situé à 1350 m d’altitude, et dont le pourcentage dépasse les 8% sur la portion de 2 kilomètres et demi que nous allons emprunter.

Pour les plus curieux, sachez que la douzième étape du Tour de France 2017 passera par ici. Mais dans le sens de la montée.

Enfin, il nous fallait surtout un cycliste de choc. Et on en a trouvé un en la personne de Maxence Moncassin.

Fils de l’ancien coureur pro Frédéric Moncassin (photo) et lui aussi adepte de la petite reine puisqu’il évolue aujourd’hui en Espoir 2ème année.

80 kilos de muscle, surtout dans les cuisses, une épilation parfaite, un équipement minimaliste et une absence totale de peur dû à l’inconscience de ses 20 ans.

Côté matos, on n’y connait rien en vélo mais son Moreno DR2S nous a l’air plutôt affuté. Cadre en carbone, dérailleur Shimano Ultégra, pneus slicks et jantes en alu. Mouais pas mal.

Sauf qu’en face, il y a notre collègue Matthieu et la Street Triple dans sa déclinaison RS, c’est-à-dire la plus sportive du lot.

Côté moteur, la base est celle du Daytona 675. L’alésage et la course augmentent et plus de 80 pièces ont été changé.

Si son dessin demeure identique, le cadre en alu a perdu deux kilos. La Street est d’ailleurs un poids plume puisqu’elle est annoncée pour 166 kilos à sec.

Les suspensions sont confiées à une fourche Showa BPF à l’avant et un amortisseur Ohlins à l’arrière.

Au chapitre du freinage, on retrouve deux gros étriers Brembo M50 pour pincer les disques de 310 mm. Mais la grosse innovation se passe au niveau du maitre-cylindre avec l’apparition d’une seconde molette pour régler la course du levier. Plus on monte, plus la course est courte et plus la puissance du freinage arrive rapidement.

Enfin, on ne peut qu’apprécier ce superbe tableau de bord en couleur. Il compte 6 possibilités d’affichage, se montre très lisible et particulièrement intuitif quand il s’agit d’accéder aux cartographies moteur, au traction control, à l’ABS ou encore à la sensibilité de la poignée des gaz.

 

LA COURSE ENTRE LA MOTO ET LE VELO

Bon, ben à un moment donné, quand faut y aller, faut y aller !

Evidemment, dès les premiers mètres la Triumph prend une confortable avance grâce à la puissance de son trois cylindres. Quand ce dernier lâche 123 chevaux, les jambes de Max n’en développe que deux.

Et c’est vraiment là que la moto creuse un écart irrécupérable pour le cycliste. Pourtant notre coureur aura tout donné : trajectoires optimisées avec sorties de virage au ras des bas-côtés, freinages de trappeur et des relances de sprinter qui feront monter le cardio de Maxence à 180 pulsations par minute.

Hélas, malgré une vitesse moyenne de 50 km/h avec des pointes à presque 85 km/h, le vélo mettra 2 minutes 41 pour parcourir les 2 kilomètres 27 contre 1 minute 49 pour la moto.

« On s’en doutait, mais y’a pas match.

– Là c’est certain. Au niveau des relances, dès les trois quarts des virages, la moto part direct devant. Par contre, t’es pas mauvais sur les freinages jusqu’au point de corde. Je pense qu’on doit avoir la même vitesse de passage en courbe. Le vélo a peut-être même l’avantage.

– A quel moment tu sens que t’es pas trop mal par rapport à la moto ?

– C’est surtout dans les freinages où je sens que je reviens. Mais dans les relances, il n’y a pas photos, la moto a vraiment plus de puissance. Même si j’essaie de pousser au maximum sur les jambes, c’est difficile de rivaliser.

– A ton avis Matthieu, avec quel type de moto la course serait un peu plus équitable ?

– Franchement, à part en prenant une Goldwing avec une remorque et toute la famille dedans, je ne vois pas ce qui peut aller moins vite.

– Même avec un custom qui n’aurait pas de garde au sol, cela ne changerait rien ?

– Je ne pense pas. C’est sûr qu’il me rattraperait dans les virages et peut être au freinage, mais t’as quand même une grosse accélération en moto et je partirais devant direct.

– Surtout que là, faut être honnête, tu n’as pas attaqué à fond.

– Ben là, j’y suis allé avec une main dans le dos

– Hé, j’ai un truc à te proposer, là vous faites les malins avec votre moteur. Mais on fait la même course en roue libre ? Ça te dit ?

– T’en penses quoi ?

– Bah moi je suis chaud et toi ?

– Allé on y va. C’est parti.

– Tiens, je te laisse la clé.

 

LA COURSE ENTRE LA MOTO ET LE VELO EN ROUE LIBRE

« Approchez vous mes petits ».

« Là tu vas moins faire le malin.

– C’est ce qu’on va voir !

 Là, ça va pas être la même. Matt ne peut désormais compter que sur la finesse de son pilotage et le châssis de la Street.

 Heureusement pour lui, l’anglaise est excellemment pourvu de ce côté-là. Triumph a pour habitude de peaufiner la géométrie des motos, et la nouvelle Street profite d’un comportement très neutre lors des inscriptions en virage et des changements d’angle.

Au final, en réalisant un chrono de 3 minutes 23, elle ne prend que 13 secondes face à un vélo avantagé par des pneus très étroits et la qualité de ses roulements.

Mais au-delà des résultats de cette course, on a été subjugué par la vélocité et le courage de Maxence. Rouler aussi vite avec comme seules protections un ensemble en lycra et un demi casque, franchement les gars qui déboulent à bloc dans les descentes de col pendant des courses cyclistes méritent notre plus grand respect. Et on n’est pas étonné qu’ils puissent se tirer la bourre avec les motos de presse.

« Est-ce qu’en course, ça t’es déjà arrivé de doubler des motos ?

– Oui, ça met déjà arrivé de revenir sur les motards. Mais on se rend compte que quand on a affaire à un pilote sur une bonne moto, c’est vraiment difficile de rivaliser, surtout dans les relances.

– Avant de faire ce reportage avec nous, tu pensais qu’il y aurait autant de différence ?

– Non, je ne m’attendais pas à autant de différence. 50 secondes sur 2 kilomètres 400, cela fait un gros écart. Mais bon, j’ai tout donné et je n’ai rien à regretter (…) j’ai pris ma revanche en roue libre (…) Je pensais que le vélo prendrait plus d’avance, finalement il n’y a eu que 15 secondes, et c’était quand même assez serré.

– Bon Matt, on s’attendait un peu à cette victoire. A ton avis, est-ce que la Street est la meilleure moto pour faire ça ?

– Franchement ouais. Elle a un super châssis, elle est agile, elle est légère et depuis qu’ils sont passés en 800 cm3 le moteur reprend mieux à bas régime et il y a quand même de l’allonge. Le shifter, le freinage, le train avant, tout est top.

– On ne lui a laissé aucune chance le pauvre.

– Mais même avec une GT on l’aurait tordu.

– Bon, ben je vais aller finir l’essai du coup. Salut les gars.

– Merci

– Bravo

Contents de pouvoir faire taire nos collègues du magazine Le Cycle une fois pour toute, on rentre à la maison au guidon de la Street RS. Et on se dit qu’il n’est quand même pas facile de trouver des défauts à cette moto.

Comme pour beaucoup de roadsters sportifs, la protection n’est pas terrible, le duo est à réservé aux cas d’urgence et l’usage de ce type de moto est assez limité puisqu’elles sont orientées vers la performance.

 

Et puis il y a le prix, 11 600 € c’est 2 500 € plus cher que ses rivales directes. Mais Triumph a trouvé une parade en proposant trois autres modèles moins bien équipés, moins puissants, mais aussi moins onéreux. Une version R à 10 200 €, une S à 8 900 € ainsi qu’une S adaptée aux permis A2 pour 8 500 €

Ha si, il y a peut-être un truc. A force d’enquiller les petites routes comme un sagouin, on en oublie de jeter un œil sur le tableau de bord.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


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