WSBK : Lucas Mahias : “Je pense déjà à 2018 !”

Lucas Mahias a obtenu son premier titre de champion du monde Supersport il y a quelques semaines au Qatar. Le Landais nous a accordé quelques minutes de son temps pour parler de son titre. Mais aussi de son futur. Interview avec le quatrième champion du monde Supersport Français de l’histoire

La couronne de champion du monde Supersport pour Lucas Mahias. “Un objectif de vie…” ©Gold and Goose

Lucas, tu as atteint ton rêve de gosse en devenant champion du monde Supersport au terme de ta première saison complète dans la catégorie. Aujourd’hui, est-ce que tu réalises ?
Lucas : “Oui, j’en ai pris conscience. Je suis vraiment très content et c’est vrai que j’ai commencé à réaliser. J’ai aussi pris le temps d’analyser et de regarder ma dernière course. Maintenant, je pense déjà à la saison 2018 pour ne pas m’endormir sur mes lauriers et passer mon hiver à profiter. C’est quelque chose que j’aurai le temps de faire après ma carrière. Pour l’instant, je suis focalisé sur mon travail.”

À Jerez, tu confiais avoir eu du mal à gérer ton stress au moment de conclure pour la première fois le championnat. Est-ce que, finalement, cela a été le point le plus difficile à gérer ?
Lucas : “Cela a été compliqué. Mais je pense que c’est bien de passer par ces moments-là pour savoir ce qu’il faut changer afin de ne pas avoir ce stress pour les prochaines années. Après, il ne faut pas oublier que c’était ma première saison complète en championnat du monde Supersport. Et ce titre, c’est quelque chose que je voulais énormément. Dans ma tête, je suis parti dans l’optique d’être champion à Jerez car il y a plus de monde, c’est en Europe… C’est une erreur à ne pas commettre dans le futur. Entre Jerez et le Qatar, j’ai vraiment eu du mal. Je n’avais pas vraiment peur de louper le championnat car, mathématiquement, il y avait beaucoup de chances pour que je sois champion mais j’avais peur de louper mon week-end et de me dire que, dès qu’il y a de la pression, je n’y arrive plus et je craque. Au Qatar, Je me suis dit qu’il fallait profiter de ces moments car cela faisait dix ans que j’attendais cela. Je n’avais pas envie de les gâcher. Et cela a plutôt bien fonctionné…

Mahias a toujours continué à croire en ses rêves

La joie de Lucas Mahias à son arrivée dans le parc fermé à Losail. ©Gold and Goose

Tu as connu de nombreux moments difficiles dans ta carrière comme en 2015 en Supersport mondial où le patron du team Intermoto disparaît dans la nature. Est-ce que ces difficultés t’ont rendu plus fort ?
Lucas : “C’est sûr. Je pense que je suis l’exemple même du mec qui ne lâche pas et qui, malgré toutes les difficultés, continue à croire en ses rêves. Cela m’a forgé. Pour gérer un championnat, il y a des hauts et des bas. On peut aussi avoir des blessures. Il y a également des mauvaises passes. J’ai vécu cela tout au long de ma carrière. Je sais que j’ai une chance énorme de faire ce métier et de me lever tous les jours pour faire de la moto. Je suis loin d’être à plaindre. On a une qualité de vie énorme et je pense que cela a toujours été plus positif que des mecs qui se lèvent tous les matins pour aller à l’usine à cinq heures pendant quarante ans de leur vie pour toucher 1 000 balles par mois. Je savais que si je continuais à me battre et à m’entraîner, au bout d’un moment, la roue allait tourner.”

Kenan est le meilleur pilote en Supersport – Lucas Mahias

Tu as pu faire la fête du côté de Doha ?
Lucas : “Nous n’avons même pas pu faire la fête finalement. Il y a eu une remise des prix qui a duré deux heures au circuit. Après, il a fallu préparer les affaires et les caisses afin de savoir ce qui partait aux tests ou pas. Quand on est rentré à l’hôtel, il devait être deux ou trois heures du matin et, bien évidemment, tout était fermé. Je suis donc parti me coucher et on a pris l’avion dès le matin. Je suis rentré chez moi le dimanche soir, après minuit. Donc, là aussi, c’est compliqué pour faire une fête. Il y avait ma famille qui m’attendait. On a juste bu un petit verre de champagne.”

À la fin de la course à Portimao, où tu as terminé deuxième, tu disais que c’était toujours intéressant de suivre Kenan (Sofuoglu, ndlr). Pourquoi ?
Lucas : “Je suis quelqu’un qui adore comprendre comment fonctionne le pilotage. Je ne suis pas non plus collé à l’acquisition de données mais je regarde beaucoup les magazines afin de voir, sur les photos, les positions de mes concurrents. Je regarde aussi des vidéos. Aujourd’hui, Kenan est le meilleur pilote en Supersport donc c’est vraiment intéressant de le suivre.

Sofuoglu et Mahias se sont longtemps pris dans les bras après la course. ©Yamaha

L’objectif est de monter en Superbike en 2019

Au Qatar, on vous a vu d’ailleurs vous prendre dans les bras à plusieurs reprises. Comment sont tes relations avec lui ?
Lucas : “C’est un pilote que je respecte énormément. Ce n’est pas une star et moi non plus. Je ne me pavane pas dans le paddock avec des lunettes de soleil à faire le barbot. Lui, c’est pareil. Il a eu beaucoup de choses difficiles, comme des drames au niveau de sa famille, dans sa vie et il n’a jamais rien lâché. Il est toujours revenu. Il s’est toujours battu. Un peu comme moi, dans une moindre mesure, avec les galères que j’ai connu dans ma carrière. Ce n’est pas aussi un pilote qui va t’attendre pendant les essais pour prendre ta roue. C’est quelqu’un qui aime bien se battre à la loyale. Je pense que c’est une bonne personne. En dehors de la course, il a toujours le sourire.

En étant champion du monde Supersport, tu as atteint ton rêve. En as-tu un nouveau ?
Lucas : “Je veux être champion du monde Superbike. C’est mon prochain objectif. Bien sûr, si je peux être champion du monde Supersport une deuxième fois la saison prochaine, je ne vais pas m’en priver. Je garde la même motivation et la même ambition. Le Superbike, c’est une catégorie qui me plaît et où j’ai envie d’aller dans le futur.”

Propos recueillis par Valentin Roussel

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