WSBK : Baz sur les traces de Roche et Guintoli ?

Loris Baz a pu faire connaissance avec la BMW qu’il pilotera en Superbike la saison prochaine il y a quelques jours, à Jerez. Après trois saisons en Grands Prix, le Haut-Savoyard revient donc en Superbike où il compte deux victoires. C’est le neuvième tricolore à passer, d’une année sur l’autre, des GP au SBK. Parmi eux, Raymond Roche et Sylvain Guintoli sont devenus champions du monde.

Loris Baz avait le sourire après son premier test à Jerez au guidon de la S1000RR. ©Gold and Goose

Il a déjà commencé à écrire les premières lignes de son nouveau chapitre. Après trois saisons en MotoGP, où il a obtenu une quatrième place à deux reprises comme meilleur résultat, Loris Baz retrouvera en effet les grilles de départ du championnat du monde Superbike la saison prochaine.

Et il compte bien se positionner rapidement sur le devant de la scène. Le Haut-Savoyard a en tout cas pu découvrir sa nouvelle monture lors d’un test de deux jours à Jerez. Le premier ressenti est bon.  “Je suis content, confirme Loris. Il faut tout de même que je me réhabitue à certaines choses mais cela s’est bien passé. J’ai réussi à me mettre rapidement dans le rythme.

L’année prochaine, Loris évoluera sur la seule BMW du plateau chez Althea. Avec ce retour en Superbike, le natif de Sallanches est le neuvième pilote Français à passer des Grands Prix au SBK d’une année sur l’autre. Parmi ces huit pilotes, deux sont parvenus à décrocher la couronne de champion du monde. Loris suivra-t-il le même chemin ?

Raymond Roche est devenu le premier français à être champion du monde Superbike. C’était en 1990. ©Gold and Goose

Roche, le précurseur

Son nom résonne encore dans la tête de tous les aficionados du Superbike en France. Après une saison difficile en Grands Prix 500 chez Cagiva en 1988, Raymond Roche décide en effet de passer en Superbike la saison suivante. Le Varois montre rapidement sa pointe de vitesse. Il monte en effet sur le podium dès la troisième course de la saison, en Hongrie.

Sa première victoire arrivera quelques semaines plus tard, aux Etats-Unis. Il signera même un doublé. Raymond montera encore trois fois sur la plus haute marche du podium, en réalisant un nouveau doublé en Allemagne et en gagnant la deuxième manche en Italie. À noter que cette saison-là, Roche n’était pas le seul à faire le chemin des Grands Prix au Superbike. Patrick Igoa était également du voyage.

Sur sa Kawasaki, Patrick terminera à la treizième place du championnat. Roche, lui, finira à la troisième place, derrière Fred Merkel et Stéphane Mertens. Les débuts sont donc solides. Le natif de Ollioules confirmera en 1990 puisqu’il deviendra le premier pilote français à devenir champion du monde Superbike.

Morillas a lui aussi fait le chemin des GP au SBK. Et il observe aujourd’hui Loris du bord de piste. ©Gold and Goose

Morillas, le deuxième acte

Il est encore aujourd’hui dans le livre des records de Kawasaki en Superbike. Après avoir terminé à la quatrième place du championnat de France de Production en 1987 avec trois victoires, Adrien Morillas signe en effet en Superbike pour la saison 1988. Quelques mois plus tard, en Hongrie, il remporte la première victoire de la firme d’Akashi dans la catégorie.

Ce succès lui ouvre les portes des Grands Prix la saison suivante. Et après plusieurs courses en 250, Adrien monte en 500 en 1991, chez Yamaha. L’Auvergnat réalise une saison solide en enchaînant les tops dix et en signant son meilleur résultat en terminant septième du Grand Prix de Malaisie, en fin d’année. C’est donc sur cette dynamique qu’il effectue son retour en Superbike, en 1992.

Il terminera la saison à la quinzième place du championnat. S’il continue en SBK en 1993 en passant sur une Kawasaki, Adrien accueille un nouveau français venu des Grands Prix en la personne de Dominique Sarron. Vainqueur du Bol d’Or cette année-là avec Jean-Marc Déletang et Bruno Bonhuil, Dominique finira à la vingt-septième place du championnat, avec vingt points au compteur.

Pour voir à nouveau un pilote Français passer des GP au Superbike, il faudra attendre la fin des années 90. Après trois saisons en 500, Fréderic Protat fait ses débuts en Superbike en 1998 sur une Ducati. Pour sa première saison dans la catégorie, il marquera cinq points.

Laconi a terminé vice-champion du monde Superbike en 2004. ©Gold and Goose

Laconi, si près du but…

Il est encore aujourd’hui l’un des chouchous du public français. Vainqueur du Grand Prix de Valence en 1999 sur la Red Bull Yamaha, Régis Laconi termine à la douzième place du championnat la saison suivante, en 2000. C’est à ce moment que le natif de Saint-Dizier va connaître sa première expérience en Superbike.

En 2001, sur son Aprilia RSV 1000, Régis n’est pas très loin de monter sur le podium dès sa première course. Il terminera finalement quatrième. S’il rentre ensuite à plusieurs reprises dans le top dix, il parviendra tout de même à monter sur la plus haute marche du podium dès sa première saison dans la catégorie. Lors de la dernière course de la saison, à Imola, il s’impose en effet pour seulement vingt-et-un millième sur Ruben Xaus.

Le Français repasse cependant en Grands Prix la saison suivante, toujours avec Aprilia. La saison est difficile. Il fait à nouveau le chemin des Grands Prix au Superbike en 2003. Cette fois sur une Ducati, il monte là encore à plusieurs reprises sur le podium. S’il n’arrive pas à remporter une course, Régis se rattrape en 2004. Mais cela ne suffit pas pour s’emparer de la couronne. Malgré ses sept victoires, il échoue en effet pour seulement neuf petits points face à James Toseland.

Guintoli, champion du monde Superbike en 2014. ©Gold and Goose

Guintoli, champion du monde Superbike 24 ans après Roche

Treizième du championnat MotoGP sur la Ducati Pramac en 2008, Sylvain Guintoli se tourne vers le Superbike la saison suivante. Le Français ne fait cependant pas ses débuts en championnat du monde mais en championnat d’Angleterre, le BSB. Les résultats sont là mais il se fait percuter et se blesse, l’obligeant à faire l’impasse sur plusieurs courses.

Ses performances ne sont cependant pas passées inaperçues. Francis Batta, le patron de l’équipe Alstare, le fait en effet rouler lors de la manche portugaise du mondial, à Portimao. Il termine dixième lors de la deuxième manche. Les deux parties se mettent d’accord pour poursuivre l’aventure en 2010. Pour sa première véritable saison en Superbike mondial, le Drômois se rapproche à plusieurs reprises du podium.

Il quitte cependant Alstare en fin d’année pour rejoindre le team Effenbert. Il monte à trois reprises sur le podium mais les affaires se gâtent en 2012 avec les soucis extra-sportifs du team, malgré de solides résultats dont une victoire à Assen. Sylvain se retrouve même à pied au cours de la saison. Il rejoint Aprilia en 2013. Troisième du championnat pour sa première année sur la RSV4, Guintoli atteint le Graal la saison suivante en s’emparant du titre de champion du monde au cours de la dernière course de la saison, au Qatar. Vingt-quatre ans après Raymond Roche, un Français trône à nouveau sur le toit du Superbike.

En 2015, un autre tricolore fait le passage des Grands Prix au Superbike : Randy de Puniet. Après une année de test complète avec la nouvelle Suzuki de MotoGP, Randy se retrouve cependant en prise avec une électronique particulièrement délicate sur la GSX-R du team Crescent. Le Parisien connaît donc une année difficile. Il quittera le championnat en fin d’année. Depuis, Randy brille en endurance.

Valentin Roussel

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