Interview – Freddy Foray : « Sur le papier, la nouvelle CBR est incroyable » [Partie 1]

Alors que le championnat du monde d’endurance reprendra à la mi-avril à l’occasion des 24 Heures du Mans, Freddy Foray a pris le temps de répondre à nos questions. Et il est catégorique. Chez Honda, le changement, c’est maintenant !

Freddy Foray, 4e du championnat du monde d’endurance avec Da Costa et Gimbert, comment analyses-tu cette saison 2016 ?

C’était assez surprenant car nous nous attendions à être performants. Nous pensions être en mesure de gagner des courses. Finalement, nous nous sommes retrouvés dans une position à laquelle nous ne nous prévoyons pas. Ce n’était pas très bon, nous n’étions jamais dans le coup. On a galéré un petit peu. C’était une grosse surprise car on pensait vraiment pouvoir se battre pour la gagne. Nous nous sommes vites rendus compte que nous ne pouvions pas gagner des courses à la régulière. Nous n’avions tout simplement pas le rythme donc cela a été très dur à accepter. Honnêtement, encore à l’heure actuelle, on ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé. Nous avons donc vraiment joué sur l’endurance.

Avec Julien et Sébastien, nous sommes trois pilotes avec beaucoup d’expérience dans cette discipline donc nous avons essayé de ne pas faire d’erreurs. Au final, nous nous classons à la quatrième place du championnat. Nous sommes un petit peu déçus car je pense que si on n’avait pas eu les petits problèmes électriques aux 24 Heures du Mans, nous aurions pu terminer bien mieux qu’à la quatrième place. Cela fout vraiment les boules. Le championnat a été très serré et c’est vraiment décevant. En effet, si on n’avait pas eu une fuite d’huile à Suzuka et ce capteur défectueux au Mans, on aurait clairement pu se battre pour le titre mais sans gagner de courses car nous n’avions pas le niveau pour cela.

Interview - Freddy Foray : « Sur le papier, la nouvelle CBR est incroyable » [Partie 1]
Interview – Freddy Foray : « Sur le papier, la nouvelle CBR est incroyable » [Partie 1]. (Photo DR)

Il y a eu l’épisode du Mans et ensuite celui de Suzuka où la malchance était là. On avait l’impression qu’il y avait moyen de faire mieux cette année.

C’est sûr ! Quand j’ai signé, j’étais persuadé que nous pouvions être champions du monde et nous nous sommes très rapidement rendu compte que cela allait être très difficile car nous n’avions pas le rythme que l’on espérait dès les essais hivernaux. À ce moment-là, nous nous sommes dits que ce n’était pas la même température, que ce n’était pas grave. À partir du Mans, on était dans des chronos que nous ne comprenions pas. On a essayé de tout remettre en cause.

Nous n’avons pas compris pourquoi nous n’étions pas performants. Le but, c’était donc de finir absolument les courses pour récolter des points mais malheureusement, il y a des problèmes récurrents sur la Honda, notamment sur la boîte de vitesses. On savait aussi que l’embrayage n’était pas au meilleur niveau. Au Mans, nous avons perdu tous nos espoirs de monter sur le podium uniquement à cause d’un petit capteur et cela joue également sur le titre à la fin de l’année.

Une bonne première prestation lors du Bol d’Or pour cette première course de la saison en septembre dernier même si vous avez été obligés d’abandonner, comment envisages-tu cette saison 2016/2017 ?

Le Bol, c’était exactement comme le reste de la saison. Nous avons vu que nous n’avions pas forcément le rythme même si, sur certains relais, nous y parvenions mais honnêtement, on se mettait vraiment dans le rouge. On savait très bien que nous ne pouvions pas tenir 24 Heures comme cela. C’est comme à Suzuka où on arrive à tenir vingt tours mais lors des cinq dernières boucles du relais, on perdait un petit peu trop… Pour moi, la raison principale, c’est que nous ne disposions pas de l’électronique. C’est une partie des raisons. Le fait de ne pas avoir d’électronique, quand tu arrives en fin de relais, tu as forcément un petit peu plus de mal.

Au Bol, nous avons fait notre boulot mais malheureusement, il y a eu une petite chute qui nous a mis dedans. Mais, au final, cette chute nous a rendu service car la moto a cassé à midi et je peux t’assurer que si on aurait cassé en étant deuxième, j’aurais vraiment, vraiment été dégouté ! Là, nous étions dixièmes et finalement, le seul truc négatif, c’est que nous perdons des points pour le championnat. Quand tu as cinq courses au calendrier et que tu fais un résultat blanc à la première, tu ne mets pas toutes les chances de ton côté. C’est le plus embêtant mais au final, cela résume notre année. Nous sommes là mais nous subissons énormément par rapport à nos adversaires. Mais, ça, c’était avant !

 

Valentin Roussel

 

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