Tremblement de terre au Japon : des conséquences aussi sur l’industrie moto

Le terrible tremblement de terre (8,9 sur l’échelle de Richter) et le tsunami que le Japon a subis le 11 mars ont entraîné la mort de milliers — et peut-être des dizaines de milliers — de personnes et d’énormes dégâts matériels. Au point que le premier ministre japonais estime que son pays traverse actuellement sa plus grande crise depuis la Seconde Guerre Mondiale. Trois centrales nucléaires ayant été stoppées, la production d’électricité de l’île est très fortement réduite. Au-delà du très lourd bilan humain, la production des quatre principales firmes moto japonaises est touchée. Voici le premier bilan que l’on peut tirer lundi 14 mars à 15 h ; il est évidemment amené à évoluer.

Les implantations des usines moto au Japon et les principaux circuits : 1. Sportsland Sugo (Yamaha) ; 2. Twin Ring Motegi (Honda); 3. Sendai Hi-Land Raceway ; 4. Fuji International Speedway (Toyota) ; 5. Circuit de Suzuka ; 6. Autopolis International Racing Course (Kawasaki) 7. Honda Safety & Riding Plaza Kyushu (Honda). Le gros point rouge indique l'épicentre du séisme. Illustration Brigitte-Marie Bénard

• Honda est le constructeur le plus gravement touché. Si les usines de la marque sont situées plus au sud (la principale se trouve sur l’île de Kyushu, épargnée) il n’en est pas de même pour le centre de R&D de Tochigi, proche de l’épicentre. Le séisme a abîmé le bâtiment, causant la mort d’un employé, et 30 blessés. L’autre inquiétude concerne le circuit de Motegi, qui a souffert. La piste n’aurait subi que des « dégâts mineurs », selon Carmelo Ezpeleta, le patron de la Dorna, interrogé par un confrère espagnol. Les bâtiments auraient, eux, plus souffert que la piste. Ce circuit propriété de Honda, qui abrite aussi le musée Honda et les locaux du HRC, devait accueillir le GP du Japon le 24 avril. Le pourra-t-il… ? Difficile de répondre pour l’instant, d’autant que la centrale nucléaire de Tokaï, à 50 km, présenterait un risque important. Honda a fait savoir que toutes ses opérations (production, recherche) sont suspendues jusqu’au 20 mars, au minimum.

Yamaha, implanté au sud de Tokyo, recense un blessé parmi ses employés, et peu de dégâts matériels, selon un communiqué officiel. Le circuit de Sugo, qui lui appartient, a été touché (il se trouve à quelques kilomètres de Sendai, ville dévastée par le Tsunami). Les bâtiments seraient intacts mais la piste, théâtre de la manche japonaise du Superbike jusqu’en 2003, serait hors d’usage. Toujours d’après Yamaha, la production s’est poursuivie lundi, mais le constructeur annonce qu’il prendra la décision de continuer ou pas au jour le jour.

Suzuki indique pour sa part que ses usines, situées dans la même zone, sont intactes et qu’il n’y a aucun blessé. Cependant, par mesure de sécurité, la production a été stoppée. Elle reprendra le 17 mars si les conditions de sécurité sont jugées satisfaisantes.

Kawasaki n’aurait pas subi de dégâts. Néanmoins, la production des motos pourrait, là encore, être perturbée.

Actuellement des répliques sismiques, souvent violentes, se produisent. De plus, le pays est sous la menace d’un risque nucléaire non négligeable. Si les usines n’ont pas été gravement touchées, la production d’électricité diminuée risque d’entraîner des coupures au niveau national. L’industrie motocycliste japonaise, déjà en crise avant ce drame, pourrait bien être sérieusement malmenée dans les semaines et mois à venir, tout comme le reste de l’économie japonaise.

Simon Palatchi

 

Vos avis

  1. Julien.nc le 16/03/2011 at 6 h 05 min

    Des nouvelles de Franck PERRET ? C’était bien votre correspondant au Japon ?

  2. Rainey le 15/03/2011 at 8 h 37 min

    Je suis “fan” de motos japonnaises , (j’ai eu 14 Yamaha , 3 Honda , 3Kawasaki et 1 Suzuki) , et admirateur de la culture japonnaise et je suis consterné de ce drame qui touche ce grand pays .

  3. Le Concombre Masqué le 15/03/2011 at 7 h 59 min

    Je suis du même avis que Bruno. Les Japonais nous ont offert de magnifiques motos depuis des décennies et je suis de tout coeur avec eux dans cette terrible épreuve! Il n’y à bien sûr pas que pour les motos que je suis touché; mais évidemment et surtout pour l’ensemble de la population Japonaise qui taverse là une bien douloureuse période qui va durer certainement plusieurs années…

  4. Bruno le 14/03/2011 at 20 h 23 min

    Les images que les médias nous envoient depuis trois jours sont effroyables. J’attendais que Moto Journal publie un article pour réagir.
    Que peut on faire pour aider ce peuple digne, courageux et pudique ?
    Les constructeurs de moto Japonais ont révolutionné la technique, la production, la fiabilité, ils ont relancé la pratique du deux roues dans le monde entier depuis plus de quarante ans et ils nous font encore réver. Pourrait on, lecteurs et journalistes de Moto Journal témoigner à ce peuple, notre émotions et faire preuve de solidarité en leurs apportant notre soutien, de quelques façon que ce soit ?