Edito : Réseau glacial

A lire dans Moto Journal n° 1989, en kiosque à partir du 16 février


Prudence, inconscience, performance, tout est question de perception. D’un côté, il y a un match de rugby reporté à la surprise générale pour cause de froid. De l’autre, Sarah Hébert, cette phénoménale véliplanchiste que le défibrillateur dans la poitrine n’empêche pas de se lancer mi-février dans la traversée de l’atlantique sur une banale planche à voile. Quelque part entre les deux, il y a l’Hivernale Moto Journal, dont le principe est de sillonner la France à moto au beau milieu de l’hiver.

Chaque année entre janvier et février, nous invitons nos lecteurs à sortir leur moto pour nous accompagner malgré les risques de chutes, malgré les engelures, malgré le sel ravageur répandu sur nos routes, malgré l’incompréhension de nos proches. Pourquoi s’infliger de telles souffrances dans le froid ? Pourquoi prendre autant de risques à défier les éléments au moment où la plus grande partie de la France est en vigilance orange ? Pourquoi prendre la responsabilité de conduire un groupe d’équilibristes à moto sur nos nationales et départementales glaciales, alors que même les joueurs de rugby sont censés ne pas tenir sur leurs crampons ? Pourquoi, alors que nous pourrions tout aussi bien en faire des tonnes sur la sécurité routière, le marché de la moto, les fausses photos volées de nouveautés. Le tout écrit dans des bureaux chauffés et lu dans des canapés douillets. Pourquoi, hein ?

La réponse à toutes ces questions de bon sens est évidente pour ceux qui participent à l’Hivernale, nous compris. Parce que d’évidence les rencontres que nous faisons dans ces conditions créent des liens que nous ne nouerons jamais avec aucun lecteur ni aucun concessionnaire lors d’un salon. Parce qu’il ne suffit pas de se réclamer des vrais motards, encore faut-il les rencontrer et que de la difficulté naît la solidarité. Comme l’a souligné dans son article sur nous Walérian Koscinski, ancien essayeur moto reconverti dans la presse locale, où l’on sait l’importance de la proximité, l’Hivernale, c’est mieux qu’un réseau social : un réseau glacial.

David Dumain, rédacteur en chef

Vos avis

  1. phil le 16/02/2012 at 12 h 01 min

    Arretez ! je suis pas venu et j ai honte !!
    V !

  2. philou le 15/02/2012 at 18 h 42 min

    Tout est dit dans l’edito,pour avoir participe a l hivernal,ses mots son juste,encore une fois je serais au depart de la prochaine hivernale,merci mj

  3. Michel en F800GS (le pilote de char de Valérie) le 15/02/2012 at 18 h 28 min

    Je confirme le dernier paragraphe de l’article de David

    Ces trois jours avec en point d’orgue le non passage de Saint Agrève ont créé des liens très forts entre les rescapés de cette étape dantesque…..
    Ce repas à 13 autour d’une table au fin fond d’un restaurant improbable en Ardèche accueillis avec bienveillance par le patron…
    A la recherche d’information sur le devenir de Paulo parti seul et ne sachant pas que nous avions modifié le road book…
    A rouler de concert dans la vallée de l’Eyrieux, passer l’Escrinet de nuit, envoyer du gros dans les “spéciales” Les Vans – Villefort puis Villefort – Génholac comme si ces gars et fille roulaient ensemble depuis des années et des milliers de kilomètres alors qu’ils ne se connaissaient pas 3 jours plus tôt

    Oui David, des liens se sont créés et ça c’est la magie de la moto …..

  4. yannick63 le 15/02/2012 at 15 h 24 min

    Bien vrai, les liens ne sont jamais aussi forts que quand on se prend des bonnes rayeurs / quand on en bave ensemble ; parole de scout !