Humeur : t'es free, t'as tout compris

Edito : A lire dans Moto Journal n° 2025 en kiosque à partir du 15 novembre 2012

Marrant comme le freestyle est toujours mal-aimé par les purs crossmen. Alors que les mômes ne boudent pas leur plaisir à voir des extra-terrestres envoyer d’énormes flips, whips et autres grabs à 15 mètres du sol, les indécrottables du départ en ligne se retiennent pour vibrer en silence, mâchoire serrée. Pourvu que personne ne voie leurs poils se dresser… Tout juste hochent-ils la tête, lèvre inférieure sortie, pour oser un « pas mal, pas mal ». Rien ne remplace à leurs yeux le noble art de la course, quand bien même les têtes d’affiche ont disparu du Supercross de Bercy, qui fêtait le week-end dernier sa 30e édition. Les vraies stars, n’en déplaise aux fans de CP377 (si vous connaissez ce code, vous n’êtes forcément pas d’accord avec moi), s’appellent Tom Pagès, Eigo Sato, Edgar Torronteras. Les médias ne s’y trompent pas, prenant d’assaut le parc fermé des voltigeurs attirant des foules qui ne se déplaceraient plus pour les seules courses, où une poignée d’Américains montrent qui sont les patrons. Les organisateurs ne se risqueraient d’ailleurs pas à déprogrammer ce qui au départ n’était qu’un divertissement pendant l’entracte.

Du freestyle au freeride, il n’y a qu’un coup de gaz et une poignée de lettres, mais un état d’esprit commun, qui peut se décliner à la moto de route, et qui consiste à faire des figures nommées tricks dans l’une ou l’autre des disciplines. Car l’adepte de liberté à moto n’a évidemment pas de frontières, d’où l’abondance de termes anglais dans le FMX (F pour Freestyle, M pour moto et X pour cross, croix en anglais… right ?) ou dans son équivalent routier, le stunt, qui signifie tout bonnement cascade.

Je ne ferai l’offense à personne de traduire free, sauf à préciser que dans ce cas il ne s’agit pas d’un opérateur téléphonique, mais il traduit lui-même assez l’état d’esprit de ceux qui se retrouvent dans une passion qui peut se vivre de mille façons, les deux roues par terre ou en l’air.

David Dumain, rédacteur en chef

Vos avis

  1. Sylv'1 le 18/11/2012 at 10 h 13 min

    Quel beau portrait de Max Biaggi dans ce numéro !
    Félicitations à Eric Malherbe.