Analyse : les coulisses de la cascade de Robbie Maddison à Tahiti

L’été dernier, le freestyler australien Robbie Maddison avait défrayé la chronique en surfant à moto sur les vagues techniques et dangereuses de Tahiti. Une première mondiale dont nous avons réussi à connaître les dessous. Robbie avait bien préparé son coup… Voici les extraits de l’article à lire en entier dans Moto Journal spécial vacances, en kiosques mercredi 20 juillet.

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En épluchant Instagram, je tombe sur quelques photos de lacs et la mention de séances d’essai. « Tu vas sauter au dessus d’un lac ? » « -Non, rigole-t-il. « Je vais rouler sur l’eau.» L’idée n’est pas neuve. Depuis que les vidéos moto existent sur internet, il y a toujours eu des types pour se jeter gaz en grand dans la baille, et flotter plus ou moins longtemps. Le meilleur exemple que j’ai en tête étant le texan Kevin Windham fendant un bras du Mississippi large d’une centaine de mètres sur sa Honda CRF 450 d’usine dans une vidéo nommée Crush. Mais ceci reste un jeu d’enfant par rapport à ce que Maddo et son équipe préparent pour Pipe Dream. Ce qu’il veut, lui, c’est surfer une vague. Et pas n’importe laquelle : la légendaire gauche de Teahupo’o, qui accueille les championnats du monde de surf pro à Tahiti ! Une vague extrêmement rapide et tubulaire qui peut atteindre sept mètres de haut. Vague dont la lèvre projette des tonnes d’eau, et qui déroule 80 cm au dessus d’un récif de corail tranchant comme du rasoir ! Cinq surfers y sont morts depuis l’an 2000, et même protégé par un équipement complet de motocross, l’endroit reste très dangereux.

Robbie Maddison s'entraîner à surfer sur les lacs
Robbie Maddison s’entraîner à surfer sur les lacs (Photo DC)

Robbie Maddison : “noyer la moto sous l’eau est devenu une sorte de routine”

Etant pionniers en la matière, Robbie et son équipe doivent tester des dizaines de types de skis et de pneus pour trouver la bonne flottabilité. Tentant même d’utiliser une KTM 450 SX-F 4 Temps pour améliorer la motricité. « Contrairement à ce qu’on pourrait penser, la puissance maxi n’était pas le facteur déterminant pour l’efficacité de la propulsion sur l’eau» explique Buddy Morgan, le mécano de Robbie. « En fait, c’est la forme des skis, leur angle de fixation et le nombre de godets des pneus qui font la différence. » Avec le nombre d’essais infructueux qu’il a fallu réaliser avant de trouver la bonne combinaison, noyer la moto sous l’eau est devenu une sorte de routine. «En tout, ça a du nous arriver entre 30 et 40 fois ! » peste Morgan, qui doit se taper cinq heures de démontage/remontage à chaque coup. Heureusement pour lui, le choix de moto final, une KTM 250 SX 2T, lui simplifie la vie.

Robbie Maddison s'attaque aux vagues de Tahiti avec sa moto
Robbie Maddison s’attaque aux vagues de Tahiti avec sa moto (Photo DC)

Le prototype a changé de comportement entre l’eau douce et l’eau salée

L’un des plus gros problèmes que l’équipe rencontre dès son arrivée à Tahiti, c’est le changement de comportement du proto au contact de l’eau salée. « L’eau douce, dans laquelle nous avions réalisée tous nos essais, est bien plus dense » explique Maddo. « L’eau salée est au contraire plus « molle », ce qui fait que la roue arrière perd en motricité, et le train avant en stabilité. » Et ce malgré la présence de sel censé accroitre la portance…

Lors des premiers jours, l’équipe se concentre  également à repérer les lieux de tournage, tandis que Robbie se familiarise avec la fameuse gauche de Teahupo’o. « J’y suis allé direct pour me sentir à l’aise en moins de temps possible » témoigne Robbie. Harnaché dans son équipement de cross, mais tracté par un Jet ski sur une planche de surf dotée de foot straps pour éviter l’écueil du take off hyper technique. Soit le moment où le surfer se lève sur sa planche, ce qui sur une vague tubulaire de récif qui jette, s’apparente à une brève séance de chute libre suivie d’une course contre la lèvre de la vague pour éviter d’être projeté contre le récif ! « Même comme ça, c’est chaud ! Les locaux m’éxpliquaient que ce n’était qu’une vague de 2 m, mais ils mesurent la vague de derrière. Dans la face de la vague, il y a avait facilement le double ! » témoigne un Maddison blême. « Ce n’est qu’une fois dans la vague que tu prends vraiment conscience de sa taille et de sa vitesse : c’est incroyable »

L’article est à lire en entier dans Moto Journal spécial vacances, en kiosques mercredi 20 juillet.

Cindy Belpalme

 

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