HONDA
 Le Japon a perdu la guerre… Le pays est ruiné. Tout est à refaire, une histoire à reconstruire. On est en 1945 et parmi les « bâtisseurs », Soichiro Honda émerge avec son profil atypique, sa casquette rivé sur le font. Le petit fabriquant de segments, ex-mécano et passionné par tout ce qui porte un moteur, se lance alors dans la construction de cyclos utilitaires, et crée en 1948 avec un associé financier la Honda Motor Company Ltd. L’histoire Honda est en marche. Le pays a besoin de moyens de transport pour relancer l’économie et les 50 cm3 utilitaires de Soichiro Honda – de simples bicyclettes équipées de moteurs de générateurs rachetés à l’armée, à l’image du premier modèle Type A ! -répondent parfaitement à la demande. Homme de challenge et de défi, technicien affirmé, Soichiro Honda se penche très vite sur le moteur 4-Temps et propose dès 1951 son propre moteur à soupapes. Il en découlera le Honda Dream E 150 cm3, puis plus tard le Super Cub C100 (50 cm3 4T utilitaire) qui s’affichera comme la plus forte vente de Honda, plus 26 millions d'unités produites ! Pour imposer sa vision de la technologie, Soichiro engage très tôt sa marque en compétition, seul banc d’essai valable à ses yeux. En 1959, un petit groupe d’ingénieurs et mécaniciens débarque avec sa camionnette au fameux Tourist Trophy sur l’Ile de Man et engage 5 pilotes en 125 cm2 sur des RC142. Honda ne s’impose pas de suite, apprend en silence et devra atteindre 1961 avant de remporter son premier titre mondial en vitesse, toujours en 125 avec l’Australien Tom Phillis. Les succès sportif s’enchainent ensuite et booste la dynamisme de l’entreprise nippone florissante. Honda devenu premier constructeur mondial de moto voit grand et diversifie ses activités, ajoutant l’automobile à son arc dès 1963. La aussi, la passion sportive de Shoichiro Honda s’exprime au travers de petits cabriolets (S 360, S 500..) et mènera la marque ailée jusqu’en Formule 1. Les années 70 donnent encore un nouvel élan à Honda avec des modèles qui marqueront toute une génération de motards, comme la CB 750 Four 4-cylindres. Dans cette course effrénée à l’innovation, Honda met en avant son savoir-faire technologique. Que ce soit en compétition, sur la route, dans le désert ou dans les chemins, la marque impose de nouveaux concepts : 1000 CBX ou GoldWing six-cylindres, CX 500 turbo, pistons ovales sur la NR… Honda rachète aussi des brevets lorsqu’ils lui semblent intéressants, comme le monobras développé par Elf que l’on retrouvera en Grand Prix – ou la marque brille en 2T comme en 4-Temps -, mais aussi sur la VFR. Le retrait puis la disparition de l’emblématique fondateur Soichiro Honda (1991), marquera un cap dans l’histoire de la compagnie. L’innovation reste présente, mais l’audace se fait plus prudente, accompagné par un certain marasme économique. Honda lâche du lest dans la moto, et ironie du sort, celui-ci profite aux constructeurs européens que Honda avait poussé un demi-siècle auparavant à mettre un genou à terre… La puissance de feu du service course Honda, le HRC (Honda Racing Corporation) au plus de 500 victoires a fini par user son plus emblématique pilote, Valentino Rossi. Mais la marque aura tout de même su redorer son blason en MotoGP en reprenant en 2011 le flambeau mondial, acquis avec maestria par l’Australien Casey Stoner. De Tom Phillis (Australien lui aussi, 1er titre mondial Honda en 1961) à Casey Stoner (2011), la boucle est bouclée ! Reste l’avenir à dessiner…
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