Essai nos Ex : Africa Twin, un train d’avance

Si l’Africa Twin affiche désormais ses gênes cross avec les lettres CRF et une certaine vanité, en 1988, c’était les modèles enduro que la future aventurière singeait avec l’appellation XRV, et c’était pas du flan…

Moteur de l’Africa Twin

Vous me direz : “le folklore c’est bien, mais à l’essai, ça donne quoi ? A tous les coups ça danse et c’est mou”. De là à ce qu’on ose transposer le second qualificatif (prévu pour les suspensions) au moteur dont la puissance de 57ch à 8000 tr/mn n’impressionne plus, il n’y a qu’un pas… Oui mais… A l’essai, ce qui surprend en premier plus que les chiffres donc, c’est l’absence de vibrations au ralenti ou quand on enroule. Le couple aussi, qui atteint 6.2 m.kg à 6000 tr/mn. Pas débordant mais bien présent de suite et tout le temps, chaleureux, réconfortant.

On note sans grande surprise une boîte précise et un embrayage souple. Deux précieux alliés des évolutions à basse vitesse. Ensuite et quand on ouvre plus franchement, le bicylindre se réveille. Il envoie de bonnes vibrations. Pas de quoi me désarticuler les poignets. Mais je ne me lasserai pas de ce second visage sur le reste de la balade. 

Essai nos Ex : Africa Twin, un train d’avance
Essai nos Ex : Africa Twin, un train d’avance. (Photo Thomas Brismontier)

Un équilibre impressionnant

Ce qui surprend aussi hormis la hauteur de selle un peu élevée, c’est l’équilibre général. Mais également la rigueur des suspensions qui n’en sont pourtant pas à leur premier aller-retour. Le compromis fermeté/confort sur les petits chocs est parfait et elle ne plonge pas ou peu au freinage, qui offre d’ailleurs du feeling et une puissance suffisante, en accord avec ses velléités hors-piste. Pas plus de mouvement à l’arrière où l’amortisseur d’origine garantit une bonne tenue jusqu’à une sérieuse augmentation du rythme, ce que les crampons des Continental TKC 80 n’ont pas permis sur cet essai. Alors même si en cherchant bien on pourra lui trouver quelques défauts (souvent de ses qualités), elle est encore une sacrée bonne moto, un choix malin aujourd’hui, en ces temps d’aventures mixtes retrouvées et fantasmées.

Essai réalisé par Thomas Brismontier

Vos avis

  1. Philippe GUERIN le 11/06/2017 at 20 h 54 min

    Bravo Thomas… beau boulot…! Belle photo aussi…! si tu connais Thomas Beaujard tu lui diras bonjour de ma part… Bon il y a longtemps qu’on ne s’est pas vu.. il m’a surement oublié…!

  2. Renaud le 23/05/2017 at 5 h 27 min

    La fin des années 80, les meilleures années Honda. J’ai une 600 Transalp de 1989 qui est comme neuve, rayons brillants comme au premier jour et puis une Africa 650 aussi de 1989 que je rénove actuellement et dont les premiers tours de roues confirment les impressions de cet essai MJ. Moins vive de moteur que la Transalp mais un peu plus coupleuse. Moins rigoureuse à haute vitesse que la Transalp mais plus confortable sur route bosselée. Deux motos qui jouent sur les sensations subtiles plus que sur les sensations fortes et qui sont multi-usage toutes les deux, de la rando TT à l’autoroute en passant par les cols de montagne.

  3. Alix le 17/05/2017 at 12 h 52 min

    J’en ai possédé une il y a longtemps. Superbe finition et matériaux très classes. Tout était bien sauf un petit bémol pour la géométrie qui la faisait pousser vers l’extérieur ( comparé aux transalps et 750 Africa que j’ai possédés également ).
    Quant à la 1000…. extaordinaire bécane avec cette boîte auto! Dommage pour le prix😡