Ducati Supersport : le sport accessible

Les routières sportives se font rares. Alors si vous fuyez l’ambiance détendue des cornes de vaches ou celle, éreintante, des bracelets, visez les demis-guidons de la Ducati Supersport. Du sport oui, mais juste ce qu’il faut. Pour la route, le circuit, les virages, la ville, la campagne…

La Ducati Supersport en action
L’ADN Ducati est présent sur la Supersport sans pour autant la cloisonner dans un seul registre. (Ph. Milagro)

Dans la lignée Supersport

Héritière de la lignée des prestigieuses SS, la Supersport tente de renouer avec le genre “sportive de route”. Laissant aux deux Panigale le soin de satisfaire les ultras qui ne jurent que par les bracelets. On retrouve ici le solide et compact cadre treillis très proche de celui de la grosse Monster, le moteur partie intégrante du châssis, la finition toujours soignée, les étriers radiaux Brembo, la double sortie d’échappement, le cul de selle effilé…

La marque a toutefois apporté une touche innovante : c’est en effet la première fois qu’une Ducati voit son carénage placé dans le prolongement direct du réservoir. Pas de quoi perturber le fan de Ducat’ qui aura toujours le choix entre une version standard (dispo dans le traditionnel rouge) et un modèle S bénéficiant de suspensions Ohlins, d’un quickshifter up/down et d’un capot de selle

Ducati Supersport S
La Supersport a été élue plus belle moto du salon de Milan en 2016. (Ph. Milagro)

Plus sport que Supersport

Si une 1299 Panigale n’est pas, loin s’en faut, une fille facile, la Supersport, elle, est le genre à qui on claque la bise tout de suite. Voire celle qu’on « pécho » dès le premier soir ! Tssst, tssst, en matière de moto, c’est une grande qualité.

L’installation à bord annonce de suite la couleur via une position légèrement basculée sur les demis guidons mais sans excès. Juste ce qu’il faut pour esquisser une attitude qui donne envie de jouer sans vivre l’enfer. Les jambes ne sont pas trop repliées, les genoux se calent pile-poil dans l’échancrure du carénage, l’ambiance sportive de route revendiquée par la marque est respectée à la lettre.

Sur route, la Supersport est très agréable à emmener. Sûre aussi avec son châssis alerte et précis. (Ph. Milagro)
Sur route, la Supersport est très agréable à emmener. Sûre aussi avec son châssis alerte et précis. (Ph. Milagro)

Puissance bien dosée

A son actif, le twin de la Supersport offre d’abord une puissance largement exploitable qui fait qu’on s’amuse sans risquer d’être débordé comme sur une 1000 de 200 ch. Le 937 cm3 fait preuve de souplesse (sans descendre trop bas dans les tours quand même), de l’allonge jusqu’à l’approche de la zone rouge et sa boîte douce et bien étagée l’accompagne au mieux dans sa tâche.

Son couple est aussi bien présent : à 80% disponible qu’on le sent réagir avec autorité pour offrir de franches reprises. Seul le caractère, reproche fait à la Multistrada 950 qui dispose du même bloc, fait défaut sur cette attachante moto.

A l'aise sur route, la Supertsport peut aussi aller user ses gommes sur circuit. Surtout en version S avec les suspensions Ohlins. (Ph. Milagro)
A l’aise sur route, la Supersport peut aussi aller user ses gommes sur circuit. Surtout en version S avec les suspensions Ohlins. (Ph. Milagro)

De la route au circuit

Et le tourisme dans tout ça ? La Supersport sait ménager son pilote. Ici, le cocktail position naturelle-suspensions prévenantes-selle accueillante permet d’envisager de bonnes étapes même si, sans surprise, la protection de la courte bulle d’origine en position relevée n’empêche pas le vent sur les épaules et le haut du buste. Mais le compromis a ceci de bon, c’est qu’après une petite virée avec votre douce, vous pouvez prétexter une visite de courtoisie chez votre vieille tante et filer en sur le circuit le plus proche.

Un endroit où la Supersport, en version S cette fois, montre à la fois sa grande polyvalence route/piste mais aussi, ses limites dans l’exercice. Cela, faute à une garde au sol juste dans les virages les plus exigeants et à un train avant que la position de conduite semi-effacée n’arrive pas à charger suffisamment. Pour autant, on s’amuse au guidon de cette Ducati alerte dans le sineux.

Xavier de Montchenu

Retrouvez l’essai complet de la Supersport dans Moto Journal n°2202 du 1/03.

  • Châssis alerte et léger
  • Moteur bien rempli
  • Confort correct
  • Caractère en retrait
  • Prix de la version S

Vos avis

  1. Jean-Phi le 27/05/2017 at 12 h 02 min

    Merci pour ce bel essai !
    Concernant les silencieux y a t’il une grosse différence entre ceux d’origine et les Akra homologués ?
    Merci par avance !
    Bonne continuation !

  2. Renaud le 23/05/2017 at 6 h 23 min

    J’aimerais comprendre le sens de cette phrase : “Son couple est aussi bien présent : à 80% disponible qu’on le sent réagir avec autorité pour offrir de franches reprises.”

  3. Christian1 le 11/03/2017 at 11 h 26 min

    “c’est en effet la première fois qu’une Ducati voit son carénage placé dans le prolongement direct du réservoir. ”

    Et ben ,on as oublié ( ou pas connu ) les PASO ?

    c’était même quasiment du carénage intégral …;
    Par contre , les roues de 16 pouces , à jeter !!!!

    1. Xavier De Montchenu le 16/03/2017 at 15 h 51 min

      Bien vu Christian, mea culpa, les Paso étaient bien carénées jusqu’aux oreilles ! Et pas très faciles à emmener avec leur foutue roue de 16 pouces, oui.