COMPARATIF : 7 SPORTIVES A MAGNY-COURS + VIDEOS

1400 ch à Magny-Cours. Les 7 sportives du moment sont réunies dans leur version la plus affûtée, sur un tracé rapide à la hauteur de l’événement.

 

BMW S1000 RR 

La BMW S1000 RR fait partie de ces motos qui marquent immédiatement les esprits. Relativement volumineuse, mais confortable et dotée de la meilleure protection du lot, elle surprend par son caractère et son côté accessible. Tout est souple, naturel, comme sur une machine japonaise. Par ailleurs, elle offre cette sensation au guidon d’être littéralement boulonnée au sol, avec une rigidité qui semble inébranlable. Et quel moteur… Peut être pas le plus excitant (le charme du V4 ou du moteur CrossPlane lui font concurrence), mais le plus incroyable par son souffle, sa puissance omniprésente qui vous arrache de chaque courbe avec une férocité à couper le souffle. Pourtant, il se montre parfaitement gérable, sans jamais entraîner d’à-coup à la reprise des gaz,  avec une arrivée progressive de la puissance, et une disponibilité aux bas régimes.

BMW S 1000 RR
La BMW S 1000 RR est une véritable bombe ! Son moteur est une vraie réussite. (Photo Alex Krassovski)

Aprilia RSV4 RF 

Fraîchement mise à jour, la nouvelle Aprilia RSV4 RF confirme ce que l’on avait pu voir lors de sa récente prise de contact (voir MJ n°2204) : c’est une balle ! Outre le gabarit très compact de l’italienne, sa position est vraiment radicale, mais aussi naturelle pour l’attaque. Tout tombe parfaitement sous les mains et les pieds. Facile de prise en main, on se sent très rapidement en confiance pour attaquer à son guidon. S’inscrivant d’un bloc en entrée de courbe avec une agilité remarquable doublée d’une précision fabuleuse, les sensations comme l’efficacité procurées par cette moto sont un pur bonheur. Instinctive à piloter, elle s’emmène du regard, délivrant un feeling qui frôle la perfection. Que ce soit par son freinage, surpuissant avec des disques de maintenant 330 mm, mais parfaitement dosable, par son train avant hyper rigoureux et incisif qui permet d’inscrire la moto tout en gardant une pression sur le levier droit sans broncher, ou encore sa stabilité impériale sur l’angle tout en permettant sans forcer d’élargir ou resserrer une trajectoire. Et que dire de son moteur V4, si ce n’est qu’il s’agit purement et simplement d’un chef d’œuvre…

Aprilia RSV4 RF
L’Aprilia RSV4 RF possède un châssis à la précision chirurgicale ! (photo Alex Krassoski)

Yamaha R1M 

Cette version M, qui se distingue principalement par ses suspensions adaptatives signées Ohlins. Une petite bombinette hyper compacte qui fait penser à l’Aprilia par son gabarit et son comportement “d’un bloc“. Mais aussi par son caractère sensationnel et le plaisir de piloter à son guidon. Explosif à souhait, tractant fort dès les bas régimes et faisant preuve d’une belle allonge, son moteur est une franche réussite. On regrettera simplement de ne pas avoir un shifter qui fonctionne également à la descente. Car toute la concurrence des motos sportives du comparatif en est équipée ! Côté châssis, le gain des suspensions apporté par cette version M est sensible, mais sans transfigurer la R1. Toujours aussi facile à placer, elle se jette en entrée de courbe avec une rigueur sans faille pour plonger sur le point de corde d’un simple regard. Pour ne rien gâcher, le feeling des suspensions est simplement extra, mais surtout, elles apportent un brin de finesse supplémentaire comme de rigueur sur les transferts de masses qu’elles régulent avec brio. Le seul point ou la R1 est en retrait face à la concurrence, c’est au freinage.

Yamaha YZF-R1
La Yamaha YZF-R1M possède des suspensions électroniques et un châssis qui brille par sa rigidité. (photo Alex Krassovski)

Honda CBR 1000 RR SP

La Fireblade est de retour ! Honda s’était un peu fait distancer ces dernières années par la concurrence. Cette CBR SP a droit à des suspensions Öhlins semi-actives, à l’ABS Cornering, à des étriers de freins Brembo (au lieu de Tokico) et à un shifter up&down. La Honda est en effet la plus compacte des motos du comparatif et réclame un peu de souplesse pour caser des grands segments. Au-delà de ça, tout est facile sur la Fireblade. Le 4-cylindres est vif et disponible avec une bande-son suggestive. La moto est aussi très facile à balancer d’un angle à l’autre, certainement grâce à son poids contenu et à son petit gabarit. Les suspensions semi-actives régulent parfaitement tous les transferts de charge et la moto est saine en toute circonstances. La Fireblade n’est pas parfaite pour autant. Les gros freineurs se plaignent systématiquement de l’ABS trop intrusif à la prise du levier, et non déconnectable.

Honda CBR1000 RR
La Honda CBR1000 RR fait partie des motos les plus légères de l’essai. (photo Alex Krassovski)

Kawasaki ZX-10 RR

Arrivée cette année, la ZX-10 RR est une version haut de gamme de la ZX-10 R limitée à 1000 exemplaires. Les courbes de couple et de puissance n’évoluent pas, mais la Kawa est la deuxième moto la plus puissante (derrière l’Aprilia) avec 195 ch mesurés au banc. Et toute cette cavalerie débarque très rapidement à partir de 7 – 8000 tr/mn, alors que c’était le calme plat jusque-là. Certes, la Kawa est l’une des plus lourdes et physiques à mettre sur l’angle. Il faut s’impliquer pour l’inscrire rapidement en courbe, et encore plus dans les pif-paf pour la basculer d’un flanc à l’autre. Mais en retour, la ZX-10 RR offre une stabilité tout simplement impériale doublée d’une excellente motricité, même lorsque les watts déboulent violemment. Au freinage, l’équipement Brembo est redoutable et confère un excellent feeling.

Kawasaki ZX-10RR
La Kawasaki ZX-10RR est animée par un moteur un peu creux mais performant dans les tours. (photos Krassovski)

Suzuki GSX-R 1000 R

La nouvelle Suzuki GSX-R 1000 dans sa version R est dotée de suspensions Showa plus haut de gamme, d’une électronique plus évoluée et d’un shifter up&down. La GSX-R 1000 R est une moto facile à prendre en main. On retrouve le moteur très rempli aux mi-régimes très efficace pour s’extraire des épingles du circuit nivernais. Le 4-cylindres doté d’une distribution variable possède aussi une belle allonge avec beaucoup de puissance dans les tours. Mais tout se passe sans brutalité, ce qui sert encore une fois la facilité de prise en mains. La finesse de la moto et son agilité sont d’autres atouts qui permettent de rapidement passer en mode “attaque“. Le shifter up&down est une réussite et libère l’esprit au freinage tout en autorisant des passages de rapport sur l’angle en douceur. Cependant, la Suzuki est celle qui bouge le plus de l’arrière. L’amortisseur semble débordé malgré des réglages assez fermes, et le pneu arrière finit par perdre sa motricité. La traction control entre alors en action efficacement, mais la moto génère du mouvement et incite à ne pas aller plus loin.

Suzuki GSX-R 1000 R
La Suzuki GSX-R 1000 R impressionne par la disponibilité de son moteur et sa facilité de conduite. (photo Alex Krassovski)

Ducati 1299 Panigale S 

La Ducati 1299 Panigale S est sans conteste la moto la plus exclusive et la plus difficile à piloter de ce comparatif de sportives. C’est aussi celle qui divise le plus les avis. Car l’italienne, on l’aime ou on la déteste. Mais il n’y a guère d’entre-deux. Brutale, nerveuse, exigeante, et nécessitant un vrai mode d’emploi, on est à des années lumières de la facilité de la GSX-X 1000 R. Sensible à la moindre impulsion sur les repose-pieds ou les bracelets, la Panigale est une moto qui bouge, surtout à l’accélération, et qu’il faut savoir laisser vivre tout en l’emmenant d’une main de fer. Mais lorsque l’on parvient à dompter la bête, c’est un régal en termes de sensations. Son train avant à la précision chirurgicale et son freinage simplement parfait gratifient le pilote de belles trajectoires.

Ducati 1299 Panigale S
Belle, la Ducati 1299 Panigale S est très efficace sur piste, mais demande de l’expérience pour la piloter. (photo Alex Krassovski)

Matthieu Cayrol

  • Le V4 puissant et facile (Aprilia RSV4 RF)
  • La puissance du moteur (BMW S 1000 RR)
  • Les sensations à son guidon (Ducati 1299 Panigale S)
  • La facilité et l'agilité (Honda CBR 1000 RR)
  • La partie cycle performante (Kawasaki ZX-10RR)
  • Le moteur rempli partout (Suzuki GSX-R1000 R)
  • Le caractère moteur (Yamaha R1M)
  • La finition un peu plastique (Aprilia RSV4 RF)
  • L'amortisseur peu rigoureux (BMW S 1000 RR)
  • Le manque d'allonge du twin (Ducati 1299 Panigale S)
  • L'ABS trop intruisif (Honda CBR 1000 RR)
  • Le moteur creux à bas régimes (Kawasaki ZX-10RR)
  • Le manque de rigueur du train arrière (Suzuki GSX-R 1000 R)
  • Le manque de mordant du frein avant (Yamaha R1M)

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