Essai ZERO S : La pénurie c’est fantastique !

Plutôt que de faire la queue aux pompes à sec, on a mis les doigts dans la prise et agrippé le guidon de la Zero S 13.5. Ce roadster, qui est la meilleure vente du constructeur californien, se décline même en version 11 kW conduisible avec le permis A1 (125 cm3) ou  B (auto).  Wizzzzzzzzz !

Sous réserve de disposer d’une prise de courant accessible, l’utilisation d’une moto électrique résout certains tracas quotidiens… (Photo Alex Krassovsky)

L’électrique, c’est pratique..

Station essence près de MJ : il y a la queue devant les pompes qui ont encore du précieux liquide… Sous mon casque, je me marre ! Même si la jauge n’affiche plus que 40 % d’autonomie, je sais que ce soir, je vais pouvoir tranquillement “faire le plein” en restant vautré dans mon canapé, une binouze à la main, juste à l’aide d’une rallonge électrique branchée à la prise de mon garage.

Des watts à revendre

J’ai le sourire aux lèvres sur cette pétrolette à watts, la Zero Motorcycles S Streetfighter ZF13.0. Elle marche un peu moins fort que la SR ZF12.5 essayée en 2015, 60 ch contre 69, mais, en ville, on ne fait pas trop la différence. Au feu rouge, on guette la prochaine victime qui va se faire enfumer (façon de parler) jusqu’au feu suivant. Car cet engin a le don de vous transformer lorsque vous circulez en ville. Tantôt économe avec l’accélérateur pour prolonger l’autonomie restante, tantôt pur crétin prêt à taxer la plupart des engins qui nous entourent.

Survolez les curseurs pour plus d’infos.

Watts the f** ?

La Zero S existe en version 11 kW, soit 15 ch synonyme d’équivalence 125 et d’accessibilité avec le permis A1, ou B auto. Sauf que l’homologation d’une moto électrique prend en compte, à l’aide d’un savant algorithme de calcul, la seule puissance continue. La puissance maxi, reste à 60 ch pour une moto de 185 kg soit la même puissance que la version “full” de 28 kW. La seule différence de la version bridée à 11 kW est une limitation de la vitesse de pointe à 130 km/h, 110 km/h en mode Eco contre plus de 160 (162 au compteur). Bigre !

La Zero se conduit comme n’importe quelle moyenne cylindrée, sans avoir à gérer le lâcher d’embrayage ou la boîte de vitesses et sans le moindre entretien. (Photo Alex Krassovsky)

De ce petit wizzzzzzzzz qui accompagne chaque rotation de la poignée dite « de gaz », nait une excitation particulière. En l’absence de bruit, on l’impression d’être assis sur un gros élastique tendu entre deux arbres qui se libère avec force dès qu’on tourne la poignée. C’est l’effet des 92 Nm de couple instantanément disponibles. Gaffe tout de même, car il n’y a pas d’antipatinage sur les Zero S et les glisses ne sont pas rares, surtout sur le mouillé si on utilise le mode Sport. Voilà une lacune à corriger sur les prochaines. Une telle assistance au pilotage serait la bienvenue sur une version destinée aux jeunes conducteurs et novices venus de l’automobile…

Si on a l’œil rivé sur l’indicateur de batterie, difficile de résister au plaisir du couple instantané

Comportement

Pour le reste, la Zero se conduit comme n’importe quelle moyenne cylindrée, sans avoir à gérer le lâcher d’embrayage ou la boîte de vitesses et sans le moindre entretien. On accélère, on freine, on tourne et on recommence, comme un tour de manège addictif dont on ne veut plus descendre. Avec le cadre alu, les suspensions Showa réglables et les Pirelli Diablo Rosso II, la Zero tient assez bien le parquet pour mettre du gaz quand on sort de la ville pour un bout de balade.

La Zero s’en est sortie à merveille dans les rues parisienne. (Photo Alex Krassovsky)

Ambiance à bord

L’application pour smartphone est très complète. (Photo Alex Krassovsky)

Bon, OK, la protection est nulle sauf à disposer du saute-vent sport, la selle ergonomique mais ferme comme un jambon de pays et l’autonomie vous apprend la signification du mot “gestion” : mode Sport si vous êtes à la bourre, Eco pour avoir l’esprit tranquille ou Custom, à programmer depuis son smartphone selon le type d’utilisation souhaité. Une moto à la carte où l’on règle le couple, la vitesse maxi ou encore la récupération d’énergie. D’ailleurs, contrairement aux moteurs thermiques, la “consommation” d’une moto électrique est plus faible en ville qu’en utilisation routière.

Autonomie

A chaque décélération ou freinage, la Zero récupère de l’énergie, plus ou moins suivant le mode de conduite choisi. Alors qu’à bloc sur la route, on avale 1 % de la capacité de la batterie à chaque kilomètre parcouru… Gloups ! Nous avons sifflé une pleine charge en 170 km d’utilisation normale, mais on peut atteindre 200 en mode urbain, la moitié sur les grands axes. Mais vous pouvez aussi opter pour le PowerTank, une batterie additionnelle qui prend place dans le faux réservoir afin d’augmenter l’autonomie de 30 %.

Zero… entretien

Eh oui, on s’amuse comme un p’tit fou avec cette moto pas plus lourde et aussi véloce (voire plus !) qu’un roadster thermique, mais il reste l’épineux problème du tarif : 15 120 € en tenant compte de la prime d’Etat de 1 000 €, petit coup de pouce accordé depuis le 1er janvier dernier. Bien sûr, le “plein” revient à moins de 2 €, l’entretien se limite à un coup de chiffon, un jeu de plaquettes et un train de pneu de temps en temps. Ça fait quelques arguments de poids en attendant une baisse de prix plus incitative.

Par Bertrand Thiébault et Xavier de Montchenu – Photos Alex Krassovsky

NOTRE VERDICT 

Difficile de ne pas être séduit par cette moto qui file en silence, ne s’arrête pas à la pompe et accélère généreusement. On se pique vite au jeu de la poignée, ouvrir et fermer, quitte à se surveiller comme le lait sur le feu l’indicateur d’autonomie quand la batterie passe sous les 20%. Pour un usage strictement utilitaire boulot-maison-sortie, et à condition de pouvoir accéder à une prise, pas de doute, c’est l’arme absolue.

La Zero S ZF13.0 en bref 

  • Prix : 16 120 € (sans prime d’Etat)
  • Puissance maxi : 60 ch (45 kW) à 4 300 tr/min
  • Poids : 185 kg (avec ou sans le “plein” !)
  • Couple : 92 Nm constant
  • Autonomie : env. 170 km en utilisation normale // 200 km en mode urbain “éco” // A fond ? Une centaine de kilomètres…
  • Egalement proposée en version bridée 11 kW, accessible aux permis B (auto) et A1  (permis 125 cm3).

–> Modèle essayé : 17 730 €, avec bagagerie et saute-vent

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  • Les performances généreuses
  • L'autonomie acceptable
  • Le silence, l'absence d'entretien
  • Le plein à moins de 2€
  • Le prix d'achat
  • Le rayon de braquage important
  • Trouver une prise accessible

Vos avis

  1. PIBOLO le 20/10/2017 at 14 h 48 min

    Recyclage à MJ qui se met à la page.
    Hidalgo veut du propre, du clean, du sain donc il faut progressivement s’adapter à l’air (humour) du temps.
    Donc une ébauche d’éloges sur l’électrique ça défriche le terrain pour un envahissement de ces engins dans les futures pages de MJ entre deux pages de pub et de présentations d’airbag ou du dernier casque qui fait feu stop.
    Il faut bien durer ma bonne dame.
    La moto au jus de centrale nucléaire(il faut un réacteur nucléaire pour faire rouler 1 million de voitures électriques, zavez oublié de le dire) sera la bécane à la mode pour le parisien moyen, d’ailleurs ce sera le top, car il pourra l’échanger avec l’inconnu du coin, ça créera des relations sociales boboesques de premier ordre.
    Supèèèèèr pratique pour aller au “jardin bio partagé ” le dimanche maaatin.
    Pendant ce temps, les beaufs qui auront conservé leur GEX ou leur CBR voir même leur 1200 GS, seront rangés au rang du motard rétrovintage qui ne contribue pas à la pureté de l’air de la campagne, puisqu’il n’aura plus le droit de circuler dans les grandes villes ioniques.
    Les routes de nos vertes cambrousses seront parcourues par des hordes de bikers et twin US et de pilotes de GP en sportives, tous devenus des rebelles réfractaires au progrès de l’insipide, du silencieux, du terne.
    Moralité nous allons finir comme dans Mad Max, à la recherche de la dernière goutte d’hydrocarbure nous permettant d’avoir notre dose de bruit, de sensations, de vibrations, de vie.

  2. gregtrash le 20/10/2017 at 8 h 52 min

    L’article fait l’économie de plusieurs problèmes :
    – durée de vie des batteries (km et durée) et coût de leur remplacement
    – réelle autonomie des batteries après qques mois d’utilisation, à température variable
    – agrément de conduite en l’absence quasi-totale de frein moteur, ce n’est pas du goût de tout le monde
    – absence d’entretien : ce n’est pas parce que vous ne devez pas faire de vidange tous les 5-15000km que le moteur n’a pas de consommables, de plus la partie cycle, comme tous les 2 roues, demande à être inspectée et entretenue régulièrement (courroie de transmission, freins, pneus, suspensions etc), malhonnête de laisser croire que tout cela fonctionne tout seul..
    – quid du réseau d’entretien le jour où ça ne marche plus
    – qualité de fabrication pour un véhicule de plus de 15k€

    Sans même entrer dans le débat de la manière de produire des batteries et de l’électricité (arguments écolo réfutables), on reste très loin de l’arme absolue…

    1. François Lemaur le 20/10/2017 at 14 h 03 min

      Bonjour,
      Parmi les “problèmes” que vous citez, certains n’en sont pas et d’autres n’en sont que pour vous.
      Prenons d’abord la durée de vie des batteries. Chez Zero, elle varie entre 290 000 et 730 000 km selon les modèles. Avec des capacités de fonctionnement maintenues à 80% des capacités originelles. BMW, de son côté, assure également 80% des capacités originelles après cinq ans d’utilisation pour son scooter C-Evolution. KTM, qui vient de révéler sa nouvelle Freeride électrique E-XC, en promet 70% après 700 cycles de charges. Tous ces chiffres sont certes théoriques, mais ils montrent que la durée de vie d’une batterie dépasse, à coup-sûr, celle de la moto. DE ce côté, aucune inquiétude à avoir. Sachant que les constructeurs garantissent systématiquement leur produit. Rappelons également que le kilométrage annuel moyen d’une moto en France ne dépasse pas 3000…
      Concernant l’entretien, une moto électrique est quoiqu’il arrive moins chère à rouler qu’un modèle thermique. Il y a bien évidemment des consommables à changer comme les pneus, les plaquettes ou éventuellement la courroie, mais aucune révision n’est à programmer puisqu’il n’y a quasiment aucune pièce en mouvement dans le “moteur”. Et compte tenu du frein moteur important, les plaquettes durent bien plus longtemps que sur un modèle thermique. Nous ne laissons donc pas croire que cela fonctionne tout seul, mais affirmons que l’entretien d’une électrique est dérisoire face à un modèle à essence. Problème : le prix d’achat est largement supérieur… Et pénalise effectivement les calculs de coût de revient par rapport à un modèle thermique.
      La qualité de fabrication est inégale sur une Zero. La moto est bien construite, mais la finition des accessoires, par exemple, manque clairement de soin.
      Le réseau de la marque n’est pas très développé, mais il n’est pas moins étendu que certaines grandes marques confidentielles.
      L’autre souci de la moto électrique réside dans les équipements de recharge rapide, trop peu développés pour circuler l’esprit tranquille. L’idéal est de disposer d’un garage (avec une prise) chez soi ou sur son lieu de travail, ce qui n’est pas le cas de tout le monde. Mais à l’image de l’autonomie des batteries, qui progresse très rapidement, les infrastructures vont continuer à se développer.
      Reste enfin la question du plaisir de conduire. Là, chacun est libre d’y répondre selon ses critères. La Zero possède de vraies qualités dynamiques, grâce à une partie-cycle saine. Côté accélération, elle damne le pion à pas mal de thermiques et l’on se prend vite au jeu de “cramer” tout le monde au démarrage.
      On ne se risquera pas à répondre à la question de l’aspect écologique. La production et le recyclage des batteries ont un impact environnemental indéniable, mais le mode de propulsion électrique n’engendre aucune pollution “directe”.
      A vous de voir, mais chez MJ, on a beau être fan de pétoires qui font du bruit et qui sentent l’essence, on a tous apprécié prendre le guidon de la Zero !
      Bonne journée !

      1. gregtrash le 20/10/2017 at 16 h 08 min

        Des bécanes il en faut pour tous les goûts, c’est bien certain.

        Le débat sur le coeur de fonctionnement des motos électriques est loin d’être clos selon moi. Doit-on croire sur parole les données communiquées par les constructeurs ? Les batteries ne sont pas source de problème et nous emmènerons plus de 300 000km sans broncher ? Chacun a sa petite expérience avec des batteries (véhicule ou autre), on peut au contraire poser la question.
        Zéro garantie ses batteries 5 ans, il me semble important de connaître le prix et les modalités de leur remplacement. Pourquoi ne pas les communiquer si cela ne présente pas de problème ?

        Les moteurs électriques ont également une durée de vie. Il n’est pas rare de devoir réparer son démarreur avant de mettre son véhicule à la casse par exemple. Le nombre de pièces en mouvement ne présage pas de la durabilité aussi simplement que ça, sinon les moteurs 2 temps auraient bien trouvé à redire aux 4 temps sur cet aspect. Le rotor, pièce centrale du moteur, qui “produit” l’énergie tourne à une vitesse folle, nécessite lui aussi des roulements ou coussinets et autres charbons. Ce serait là encore intéressant de savoir qui est capable de le réparer et pour combien.

        Je ne suis pas d’accord sur le frein moteur d’un véhicule électrique, on a au contraire tendance à utiliser bien davantage le freinage standard, surtout quand le véhicule vous catapulte comme un élastique.
        Au risque de paraître contrariant (je ne le fais pas exprès), je ne place pas les contraintes de recharge en 1er ligne, quand on achète ce type de véhicule on sait à quoi s’attendre et s’équiper en conséquence, à prendre en compte dans le coût de revient.

  3. PIBOLO le 19/10/2017 at 16 h 53 min

    “se décline en version 11 kw” ça me donne la nausée…..

  4. norton66 le 19/10/2017 at 13 h 51 min

    C’est probablement ce type de moto qui se généralisera dans
    le futur mais perso je ne suis pas pressé car une bonne part
    de mon plaisir à moto vient du son envoûtant émis par les
    pots Léovince de ma monture chérie ! ^^

  5. Hemge le 19/10/2017 at 7 h 32 min

    Sympa une moto electrique, mais avec l’autonomie et surtout le temps de recharge nécessaire, qui peut imaginer partir balader avec des potes et attendre plusieurs heures que la moto soit rechargée pour pouvoir rentrer ? Surtout quand on voit le peu de station de rechargement en ville, ne parlons même pas de nos campagnes.
    La moto electrique pour l’instant un jouet onéreux qui roule en grande partie grâce aux centrales à charbon ou nucléaires .
    Vive le twin qui vibre !