Essai Ducati Monster 797 “A2” : Gentil p’tit monstre

La Monster 797 demeure une moto intuitive, rigoureuse et valorisante à piloter. (Photo Alex Krassovsky)

Nouvel épisode de la saga de nos essais “A2” avec la Ducati Monster 797. La famille Monster n’est pas la plus accueillante pour débuter la moto, mais avec la 797, Ducati vous offre la gueule d’un pur roadster et le caractère d’un agneau. C’est l’occasion de se faire plaisir tout en se mettant en jambes…

La Monster n’a jamais vraiment eu l’image de la moto pour débutant. Courte, ramassée, nerveuse, un poil rugueuse, souvent boostée par un moteur au caractère affirmé, le roadster italien se pose là. Sauf que la 797 s’inscrit dans la lignée des gentils monstres précédents, de la trempe des 600, 620, 695, 696, 659, 796… Et là, même si on sent rapidement que la bestiole possède un ADN sportif indéniable, par la rigidité et le format de l’ensemble, impossible de ne pas voir ici une moto adaptée aux débutants.

Comme souvent chez la firme italienne, la finition ne souffre d’aucun reproche. (Photo Alex Krassovsky)

Du beau matos

Aux débutants connaisseurs, même ! Eh oui, autant être sensible à la mécanique, aux belles pièces comme les étriers radiaux, la grosse fourche inversée ou les tubulures torturées de l’échappement pour apprécier ce roadster à sa juste valeur. Pour 400 € supplémentaires (soit un total de 9 400 €), la Monster 797 + propose un saute-vent, un capot de selle et une peinture mate spécifique. Installé à bord, on est bien si ce n’est le rayon de braquage limité lors des manœuvres. Les pieds sont facilement en contact avec le sol, dans une position plutôt naturelle un brin effacée, les jambes pas trop repliées, les genoux bien calés dans le réservoir. Sous le nez, un joli tableau de bord tout digital, moderne, mais pas super lisible ni très complet. “Broaaa, broaaa”, le twin s’ébroue dans une sonorité plaisante. Y’a plus qu’à tourner !

Étriers radiaux, grosse fourche inversée, tubulures d’échappement torturées, la petite Ducat’ ne renie pas son ADN sportif. (Photo Alex Krassovsky)

Quart de tour

Sur les lacets auvergnats, la Monster 797 a tôt fait de montrer ses capacités. Clairement, elle est dans son élément dans ces incessants changements d’angle où elle ne réclame que le minimum d’efforts pour tourner. Le poids contenu à 210 kg avec les pleins et bien réparti, plaide en sa faveur, d’autant que le train avant donne tous les gages d’un bon ressenti. Avec un freinage impeccable au bout des doigts (moins à l’arrière) et de bons Pirelli Diablo Rosso II en guise de chaussettes, la Ducat’ épate par son comportement.

Ducati a l’art de proposer des planches de bord hypermodernes. Celle-ci fait toutefois l’impasse sur l’indicateur de rapport engagé. (Photo Alex Krassovsky)

Bien amortie

Même en forçant la cadence, elle semble imperturbable, comme rivée sur sa trajectoire. Dans les grandes courbes de Murol avalées à toc, c’était juste parfait ! Pour ça, le compromis des suspensions vire plus au sport que vers la balade bucolique. Mais ça fonctionne, même sur des revêtements dégradés où la qualité de l’amortissement assure le job. Du coup, on se prend au jeu, on titille la poignée et on se rend compte que le bridage de cette version 35 kW n‘est pas neutre. Car au contraire des machines bridées électroniquement, la Monster 797 est limitée via une cale aux papillons des gaz.

Le train avant offre un excellent ressenti et le freinage est impeccable. (Photo Alex Krassovsky)

Trop gentille ?

Résultat, on est vite en bout de course de la poignée avec un twin Desmodue (le 803 cm3 du Scrambler) qui peine à prendre ses tours. Ça va encore entre 3 000 et 5 000 tr/min où le couple maxi produit son effet. Mais la réponse reste quand même modeste et le recours à la boîte, par ailleurs agréable, reste de mise. Et surtout, au-delà de 6 000 tr/mn à partir de la 4e, la partie droite du compte-tours semble lointaine. Alors on fait avec, un peu frustré malgré tout, bien qu’un jeune conducteur pas encore aguerri aura justement l’occasion de se faire la main en maîtrisant cette puissance, tout en profitant d’un environnement sérieux, flatteur, de nature à lui faire prolonger le bail avec sa Monster.

Xavier de Montchenu

  • Le look et la finition flatteurs
  • Le châssis précis et rigide
  • La position de conduite
  • Le bridage assez sensible
  • Le braquage limité
  • Le confort sportif

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