Essai BMW K1600 B : noir désir !

Le somptueux 6-cylindres bavarois revient dans une troisième version, la K1600 B (pour Bagger), plus stylée, plus typée, plus épurée et pas vraiment moins chère. Bienvenue en 1ère classe, les pieds en avant… ou pas.

BMW K1600 B 2018 (3/4 avant roulant)
Le troisième opus de la K1600 (après la GT et la GTL) est toujours une ode au grand tourisme luxueux. Son agrément de conduite est un régal ! (Ph. Alberto Martinez)

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Ambiance

La classe ! C’est le premier mot qui vient à l’esprit quand on observe ce vaisseau majestueux aux formes douces, long… et bas des fesses, souligné par les deux volumineux échappements courant sous les valises. C’est voulu.

Cette différence de croupe d’avec la GT et plus encore la GTL, ses deux jumelles, vient de l’effet bagger, l’idée est de proposer un look plus affirmé, plus enveloppé avec une silhouette adoucie marquée à l’avant par un pare-brise raccourci.

K1600 B (profil droit)
336 kg avec essence, 1618 mm d’empattement, la K1600 B fait partie des gros gabarits. Mais son agilité étonne.

Certes la silhouette a quelque peu changé et le coloris, très seyant au demeurant, est imposé : noir… et c’est tout. Mais sur le fond, les amateurs de belle mécanique retrouveront avec délectation le majestueux 6-cylindres très incliné vers l’avant, des valises intégrées pour ranger ses affaires, une épaisse selle forcément plus étroite sur sa partie passager et un équipement pléthorique.

Pour peu, toutefois, que l’on choisisse l’un ou les packs d’option Touring /Sécurité/Confort. Au gré de ces packs : tableau de bord TFT en couleur commandé par la molette multifonctions, prises 12V (2), pare-brise électrique, prise USB, poignées et selle chauffantes, démarrage sans clé, verrouillage centralisé des coffres, shifter Pro, système audio, régulateur de vitesse, appel d’urgence e-call,… la liste est aussi copieuse qu’un menu de routier.

Comportement

En s’installant à bord, c’est le sentiment de luxe et de bien-être qui prédomine avec cette assise très confortable due à une position relaxe sans être avachie, la selle basse qui permet de poser les pieds à plat (780 mm d’origine, 750 mm en option) et tout cet environnement de boutons et commandes façon avion de ligne, tout cela restant finalement assez ergonomique. Avec les marche-pied proposés en accessoires, la position est encore plus raccord avec l’esprit de l’engin.

La force de la K1600 B apparaît dès les premiers mètres. Grâce à son architecture et sa répartition des masses, son équilibre est tout bonnement incroyable à peine les roues en rotation. Ce bestiau de 336 kilos se manie comme à la parade, s’incline d’une simple pression sur le guidon. Sous les roues, la route défile dans un calme absolu, dans un confort digne des meilleures GT, bercé par le ronronnement du 6-cylindres, sans la moindre vibration.

Action 3/4 face
Dès qu’elle roule, la K1600 B fait oublier son poids. Aucun problème pour emmener ce vaisseau remarquablement équilibré.

A noter à ce sujet l’efficacité du pare-brise court qui offre une protection de qualité même pour un pilote de grande taille. Ajustables depuis le guidon (en hydraulique), les suspensions sont très prévenantes, tout juste un poil souples en mode cruise, le plus onctueux, ce qui a pour effet de rendre le train avant légèrement flou sur autoroute.

Le freinage reste puissant et facilement dosable, avec un ABS discret tout comme le contrôle de traction sur les zones où l’adhérence est moindre.

Moteur

Un monument. A la fois puissant, souple, rageur, il feule comme un fauve quand on le sollicite. Il est capable d’évoluer en 6e sur le ralenti à 900 tr/mn sans moufter puis de vous propulser à des vitesses largement prohibées dans un bruit de furie à la façon d’une Ferrari. Jouissif ! Cette merveille mécanique n’est même pas très gourmand si on conduit de façon calme (environ 6 l/100 km).

Sa souplesse est telle qu’on arrive parfois sur feu rouge ou un rond-point en 3 voire en 4e sans s’en rendre compte. Sauf quand on cale en redémarrant car ce moteur demande un minimum d’attention à l’embrayage, soit en le faisant cirer, soit en soignant le lâcher du levier. Ce côté rageur est aussi l’un de ses défauts, surtout sur une moto à vocation GT, l’autre étant une transmission boîte-cardan parfois rêche et bruyante. L’option shifter Pro si efficace et ludique règle une partie de ce problème.

Notre verdict

Qu’on ne s’y trompe pas : avec son confort à bord, son équipement, ses qualités routières et son moteur de folie, la K1600 B s’inscrit dans la droite ligne des GT et GTL : c’est une authentique GT, une routière de luxe faite pour traverser la France d’une traite sans fatiguer. Elle va draguer tous ceux qui cherchent du confort et qui accordent de l’importance au look de leur machine. De ce côté-là, ils ne seront déçus. Bien sûr les options sont nombreuses pour élever le niveau d’équipement mais chez BMW, on ne s’en fait pas : l’immense majorité des clients signent pour les packs d’options qui valorisent la moto à l’usage… et à la revente !

Par Xavier de Montchenu – Photos Alberto Martinez

La K1600 en bref

  • à partir de 23 250 €
  • 1649 cm3
  • modèle essayé : 28 100 € (avec 3 packs d’options)
  • 160 ch
  • 175 Nm
  • 336 kg en ordre de marche

Photos

Pare-brise
Même court, le pare-brise offre une vraie protection. Plus encore avec la selle basse.
Pratiques avec leur système d’ouverture sans clé (en plus du verrouillage centralisé en option), le valises peuvent accueillir un casque intégral.
Outre les deux prises 12V situées à l’avant et à l’arrière, on peut rajouter des prises USB et mini-jack dans l’une des valises.
Commodo gauche
Au commodo, les commandes du régulateur de vitesse (dessus), du tableau de bord (la molette), du réglage du pare-brise, de la marche arrière et des feux de jour.
  • Ligne réussie, qualité de fabrication
  • Agrément moteur incomparable
  • Confort et protection
  • Comportement rassurant
  • Hauteur de selle
  • Finition quelconque du guidon
  • Bruits de transmission

Vos avis

  1. Martial le 10/10/2017 at 20 h 54 min

    Je suis passé la voir en concession au Mans, nous avons essayé de mettre un casque une sacoche puis l’autre, je vous assure que ni un casque intégral, ni un jet se loge pas dans la bagagerie.
    A part ce détail qui peut être décisif lors d’un achat du fait qu’un top case n’est pas prévu avec le style bagger, c’est une moto bien finie avec un style que l’on attendait pas de la part de BMW. J’étais venu voir la RT avec ses nouveaux colories et si je devais changer j’hésiterais avec ce Bagger. La bagagerie sera pour moi décisif, dommage.