Comparatif 3 gros trails : l’aventure au bout des pneus

 

A chaque évolution de la BMW R1200, le monde des gros trails frémit. Mais cette année, la résistance s’organise contre son hégémonie. Et la couronne pourrait bien changer de tête.

R1200 GS/Super Adventure/Multistrada Enduro
Trois des meilleurs gros trails de la production actuelle, tous européens. (Ph. A. Krassovsky)

BMW R1200 GS Exclusive : chic urbain !

Comparatif 3 gros trails
La R1200 GS est doté d’un équilibre naturel qui la distingue des autres. (Ph. A. Krassovsky)

Ce succès du gros trail BMW n’est pas usurpé. Déjà parce qu’en plus de son image de baroudeuse, l’allemande parvient à dédoubler sa personnalité d’un certain chic urbain, notamment dans cette nouvelle version 2017 baptisée “Exclusive“. Moteur peint en noir, le reste en chocolat aux reflets subtils, des écopes spécifiques en aluminium et des étriers de freins dorés. La BMW fait classe et statutaire. La facilité, c’est la deuxième clé du succès de la R1200 GS depuis des années. On retrouve dès le premiers mètres cet équilibre sans faille qui met instantanément en confiance. L’architecture du bicylindre à plat et le centre de gravité bas qui en découle participe grandement à cette facilité de prise en main. La douceur et la disponibilité à très bas régime de ce même bicylindre fait le reste. La GS est une moto assez lourde avec 251,8 kg mesurés tous pleins faits. Mais en pratique, on conduit un (gros) vélo !

Ducati Multistrada Enduro : gros gabarit

Comparatif 3 gros trails
La puissante Ducati Multistrada Enduro se fait entendre sur son passage. (Ph. A. Krassovsky)

La Multistrada Enduro en impose aussi, dans tous les sens du terme. Son gabarit est de loin le plus intimidant, avec un réservoir très large et une selle très haute (à 890 mm du sol sans possibilité de réglage, c’est la plus haute). D’autre part, l’italienne sait y faire question look. Son large bras oscillant en aluminium est une jolie pièce, les jantes à rayons tubeless de série sont élégantes tandis que les vastes panneaux d’aluminium sur les flancs de réservoir donnent un petit côté haute couture mécanique. La Ducati aussi est une moto lourde avec 274,2 kg mesurés. Cette fois on les ressent tous, d’autant qu’ils sont placés haut. La Multistrada Enduro pose des problèmes aux petits gabarits à l’arrêt. Et par “petit gabarit“ j’entends moins d’1m75 (le monde est petit…). Loin d’être aussi bien équilibrée que la GS, la Multi doit aussi composer avec un moteur moins souple et il faut jouer de l’embrayage à très basse vitesse. On s’y habitue cependant rapidement, contrairement au niveau sonore. Quel barouf cette Ducat’ ! Elle a beau être homologuée Euro4, les explosions échappées du silencieux aplati interpellent tous les passants.

KTM 1290 Super Adventure S : super connexion

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La KTM Super Adventure S intimide d’abord puis rassure une fois en action. (Ph. A. Krassovky)

La KTM semble échappée du zoo ! Une bête de foire, avec sa silhouette plus fine mais tout en muscles, et cette étonnante tête d’insecte en guise de phare. Notre Super Adventure S d’essai a beau être livrée dans son coloris noir le plus sobre, KTM n’a pas pu s’empêcher de balafrer les flancs de réservoir de gros “1290“ orange vif. On retrouve la couleur maison dans le contour de phare en forme de fer à cheval. La KTM possède une vraie gueule, mais on est loin du côté discret et consensuel de la concurrente allemande. Avant de grimper sur la KTM au look dévergondé, on appréhende la bête sauvage inadaptée à la ville. Et ça commence mal quand on doit “escalader“ la selle. La différence, c’est qu’une fois au guidon, tout devient facile. La position de conduite très détendue est idéale. Les commandes profitent toutes sans exception d’un feeling parfait. Directe et naturelle, la connexion ride by wire avec le moteur permet d’amadouer une mécanique qu’on craignait sauvage. En termes de souplesse à bas régime, on est un cran en dessous de la GS.

Les gros trails en action : la KTM au-dessus du lot

Rouler vite au guidon de la BMW, c’est un simple choix. Le pilotage reste aussi simple, facile et rassurant qu’en balade… sauf qu’on roule vite. Le train avant Telelever si particulier n’occasionne pas de plongée lors des freinages puissants. On peut même rentrer fort en courbe sur les freins sans aucun mouvement parasite. (…); On passe à la Ducati en débutant doucement. Tout va bien. On augmente la cadence, et tout se complique ! Une épingle et il faut presque déhancher pour faire virer le poids de la moto. Dans cette lutte, le train avant peine à trouver son cap. Il oscille, déstabilisé par une correction au guidon, une bosse sur la route ou une infime rotation de la poignée de gaz. Quel que soit le réglage de suspension sélectionné (on les a tous testés), ça bouge. (…). On saute sur la KTM et tout rentre dans l’ordre. Elle s’apparente à la R1200 GS et conserve son équilibre quel que soit le rythme en restant facile à piloter. Mais elle le fait sans les excentricités techniques de la BMW (Telelever, Paralever). Sa fourche avant semi-active laisse plonger la moto au freinage et le retour d’information du train avant est meilleur. C’est aussi la plus vive à placer sur l’angle celle dont les suspensions pilotées travaillent le mieux, filtrant parfaitement toutes les déformations sans déstabiliser la moto.

Comparatif 3 gros trails
Sophistiqués et super équipés, ces gros trails préservent le plaisir de roulet loin et longtemps. (Ph. A. Krassovsky)

 

L’essai complet de ces trois maxi-trail est à retrouver dans Moto Journal actuellement kiosque.

 

Essai réalisé par Michael Tora (et son orchestre)

  • L'équilibre et la facilité (BMW)
  • La protection et le duo (Ducati)
  • Le moteur explosif (KTM)
  • Le caractère moteur vs ses rivales (BMW)
  • La sensibilité du comportement (Ducati)
  • La selle haute et dure (KTM)

Vos avis

  1. Christian le 13/09/2018 at 12 h 10 min

    Je suis passé d’une GS1200 (que j’adore!) à une Multistrada Enduro, il est vrai qu’au début c’est un peu déroutant, tant la BMW est facile à piloter, alors que la Ducati possède un caractère bien plus complexe. La BM m’avait fait prendre quelques “mauvaises” habitudes qu’elle compense naturellement (comme freiner à la poignée en virage…) mais après quelques milliers de km, j’ai ré-appris à piloter et je peux franchement affirmer que je m’amuse bien davantage au guidon de la Multi. Je fais principalement de la route, mais pour avoir quand même essayé un peu en tout chemin, la Multi Enduro met inconstestablemnt plus à l’aise.

  2. tenere le 29/06/2017 at 8 h 04 min

    et le budget dans tout ça ?prix du neuf , entretien , voir ci dessous ….pas toujours rassurant ….ma 1200 super tenere , a 50 000 kms , acheté a 15000 kms ,7500 euros , pas la plus puissante , mais RAS pour l instant , et en plus je la trouve plus jolie ,et confortable mais ça regarde que moi …

  3. Moumouni le 14/06/2017 at 13 h 06 min

    La BMW 1200 GS Nouveauté 2017 est une moto très résistante et fiable.
    Je rêve de la posséder très bientôt.

  4. fxseb le 13/06/2017 at 20 h 38 min

    1000 km sur une R1200GS et la pompe à eau qui fuit et déjà changée par BMW en me disant que c’est fréquent. Honteux pour ce prix …

  5. Jolly le 13/06/2017 at 20 h 23 min

    La BMW S 1000 XR est oublié dans cette article 😞

    1. JP le 23/06/2017 at 23 h 21 min

      Exactement ce que je me disais : pourquoi mettre la 1200 GS alors que la concurrence des 2 autres moteurs de 160 chevaux c’est : la 1000 XR !!!!

      1. Cruse le 21/01/2018 at 19 h 29 min

        Bonjour je serai curieux de connaître votre avis sur la qualité amortisseur.
        Je souhaite changer ma 1000xr car pas assez confortable dit Mme. … j’hésite entre la 1290 SA S et la GSA
        La GSA déjà essayé très confortable
        Super adventure S jamais testé car dans ma région pas d’essais sois la pluie. …
        Par avance merci

        1. Etomidate le 27/01/2018 at 1 h 42 min

          J’ai essayé les deux et j’ai craqué pour la 1290 SAS. Non pour l’esthétique mais pour pour le moteur qui est vraiment vivant, pour ne pas dire explosif… J’adooore ! La partie cycle est à l’avenant : à la fois sécurisante mais aussi plus réactive. Les suspensions pilotées avec les différents modes sont vraiment très efficaces. Les différents modes moteurs également, avec notamment le mode “rain” très efficace et rassurant permettant de rouler vite et propre sans arrière pensée. Vraiment bluffant. J’ai pris l’option selle confort qui en plus est chauffante, j’apprécie. Madame n’est pas encore montée en passagère alors je ne peux pas dire si c’est confortable.

        2. prost le 05/04/2018 at 16 h 32 min

          la ktm sans hesiter,caractere moteur ,tenue de route selle ferme mais on si habitue tres vite et la plus confortable que j ai eu sur toutes mes motos et ma moitie dit la meme chose,moi j ai la t avec gros reservoir.