Dossier : la moto électrique

Vos connaissances de la moto électrique sont aussi élevées que le bruit qu’elle émet ? Pas de souci, MJ vous apporte son éclairage, histoire que vous soyez un peu plus branchés sur la question.

Tout ce qu’il faut savoir sur la moto élctrique.

La moto électrique en 13 questions

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Comment ça marche ?

Un moteur électrique fonctionne sur le principe d’un aimant. Sous l’effet d’un champ magnétique, une pièce statique (le stator) excite une pièce mobile (le rotor) et crée ainsi une force. Le mouvement est rotatif, vers l’avant ou vers l’arrière en fonction de la polarité. Il suffit d’installer un axe sur le rotor pour récupérer cette énergie mécanique et la transmettre, via une chaine ou courroie, à la roue arrière. Un principe tout simple – bien plus qu’un moteur thermique -, mais une réalisation très sophistiquée !

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Quelles sont les différentes motorisations électriques ?

Il existe deux familles principales de moteurs électriques, les moteurs dits « brushed » (avec balais) et « brushless » (sans balais). Ce second type est plus généralement utilisé car l’absence de balais limite les frottements, augmentant ainsi le rendement tout en limitant l’entretien. Le moteur est assisté par un contrôleur (l’équivalent du système d’injection en thermique) qui gère la puissance, l’accélération, le frein moteur ou encore la récupération d’énergie. Comme sur les motos thermiques les plus technologiques, divers mappings électroniques peuvent être proposés, privilégiant la performance ou l’autonomie.

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Quels types de batteries ?

Actuellement, la grande majorité des motos électriques utilisent des batteries de type Lithium-Ion, ou encore Lithium-Polymère, qui offrent le meilleur rapport capacité/poids/coût/longévité. Elles sont sont sous contrôle d’un système de gestion (BMS, Battery Manager System) qui gère au mieux les charges et décharges afin d’optimiser la durée de vie de la batterie.

4

Quelle est la durée de vie d’une batterie ?

Un certain temps ! Pour exemple, chez Zero, la durée de vie théorique d’une batterie (soit jusqu’à 80% de sa capacité originale) varie de 290 000 à 730 000 km selon les modèles. Soit sans doute plus que la durée de vie de la moto. BMW, pour son scooter C-evolution, annonce au moins 80 % des performances originales des batteries après 5 ans d’utilisation. Le problème se pose(ra) donc davantage sur le marché de l’occasion que du neuf, d’autant que le coût de remplacement d’une batterie frise parfois la moitié de la valeur du véhicule…

5

Les données d’autonomie sont-elles fiables ?

Les données d’autonomie fournies par les constructeurs reflètent rarement la réalité, même si une norme européenne (UE 134/2014) est désormais imposée pour les véhicules électriques. L’autonomie dépend essentiellement du type de parcours et du type de conduite, voir des conditions climatiques et, les écarts peuvent aller du simple au double ! A noter qu’une moto électrique consomme moins d’énergie en ville que sur route.

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C’est quoi, la récupération d’énergie ?

En freinant, une moto produit de l’énergie (énergie cinétique). Elle est en partie transformée en chaleur (les disques de frein chauffent), mais cette force de décélération peut aussi être récupérée et transformée pour produire de l’électricité et recharger les batteries, augmentant ainsi l’autonomie. Les systèmes de récupération d’énergie fonctionnent comme des générateurs où chaque décélération ou freinage est transformée en énergie de recharge, ce qui offre aussi l’équivalent d’un frein moteur.

7

Quel type d’entretien pour une moto électrique ?

En dehors des consommables (pneus, plaquettes ou chaine/courroie de transmission), l’entretien d’une moto électrique est quasiment réduit à néant ! Pour les modèles disposant d’un système de refroidissement par huile, une vidange annuelle est conseillée, tout au plus. Pas révision, vidange ou bougies à changer.En revanche, la durée de vie de la batterie est limitée dans le temps.

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Boite de vitesses ou pas ?

Le couple constant d’un moteur électrique lui permet de se passer de boite de vitesses comme d’embrayage. Le variateur, c’est la poignée d’accélérateur. Toutefois, quelques rares modèles préfèrent conserver une boîte de vitesses, par tradition motarde plus que par réelle nécessité.

9

Puissance continue ou puissance crête ?

Comme pour une chaine Hi-fi, la puissance d’une moto électrique peut s’exprimer de différentes façons : soit la puissance continue (puissance que le moteur peut maintenir en continu, dite encore puissance nominale) ou bien la puissance crête, celle que peut délivrer au maximum le moteur électrique. L’homologation d’une moto électrique prend en compte la puissance continue. Ainsi, par son mode de calcul, une moto électrique bridée à 11 kW (soit l’équivalence 125 cm3) est presque aussi performante qu’un modèle libre !

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L’assurance est-elle moins chère ?

Les assureurs calculent leurs tarifs en fonction du facteur de risque de chaque modèle ou famille de 2-roues. Si les statistiques sont encore peu précises au regard de la faible importance du marché, les motos électriques sont toutefois considérées comme moins accidentogènes, plus vertueuses, ce qui se répercute sur le montant des cotisations. Certains assureurs offrent même des réductions spécifiques (parfois jusqu’à – 40 % !) aux conducteurs de deux-roues électriques.A noter qu’à performance équivalente, le certificat d’immatriculation d’une moto électrique est également moins onéreux qu’un équivalent thermique en raison du mode de calcul de la puissance fiscale plus favorable.

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Quel permis de conduire ?

Les véhicules électriques de moins de 11 kW (équivalence 125 cm3) sont accessibles dès 16 ans avec un permis moto A1, ou bien dès 20 ans un permis B et 7h de formation. Pour les modèles plus puissants, jusqu’à 35 kW de puissance nominale, le permis A2 est requis. Le permis moto A serait imposé pour les moto électrique de plus de 35 kW de puissance nominale, mais à ce jour, il n’y en a pas sur le marché, en série en tous cas.

12

Où se brancher ?

Les motos électriques se rechargent sur une simple prise de courant 220 V pour une charge dite « lente ». Pour les recharges rapides, en fonction des modèles, il est possible d’utiliser un chargeur spécifique, ou encore de se brancher sur certaines bornes publiques (type Autolib’ moyennant un abonnement 2-roues). Enfin, certaines motos électriques disposent de batteries amovibles que l’on peut alors recharger tranquillement chez soi, sans contrainte du fil qui se balade jusqu’au véhicule. Comptez en moyenne 6 à 8h de charge sur une prise domestique, 1 à 4h sur un super-chargeur.

13

Y’a-t-il un bonus écologique pour les 2-roues électriques ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2017, le gouvernement accorde pour les motos, tricycles et quadricycles électriques une prime de 250 € par kWh (la capacité des batteries) mais toutefois limitée à 27 % du prix avec un plafond de 1.000 €. Une condition toutefois : le proprio qui la demande doit s’engager à ne pas céder son véhicule dans un délai d’un an minimum. Avec l’avènement des vignettes Crit’Air qui restreignent la circulation dans les grandes agglomérations les jours de pollution, cette prime d’état est un premier pas encourageant… A défaut d’être suffisant.

Quelle est le plus avantageux, thermique ou électrique ? 

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Profil du conducteur :

  • 35 ans, résidant en région parisienne
  • 10 ans de permis moto, 50 % de bonus
  • 6 000 km/an
  • Calcul du coût de revient sur 3 ans d’utilisation (soit 18 000 km)

L’électrique est-il vraiment écolo ?

Pour l’auto ?

Pour répondre à cette question, nous nous sommes basés sur cette étude : « Les impacts sur l’environnement des véhicules électriques et thermiques », réalisée fin 2013 par l’Agence De l’Environnement et de la Maitrise des Energies. De cette analyse du cycle de vie complète d’un véhicule, en France et en Allemagne, il en ressort des données intéressantes. Par exemple, que la fabrication d’une auto électrique produit plus de gaz à effet de serre, mais que la courbe s’inverse à partir de 50 000 km parcourus. Que l’extraction de cobalt et de nickel, qui entrent dans la composition des batteries, plombent l’impact thermique des véhicules électriques. Ou encore que la création de pollution locale en milieu urbain est largement en faveur de l’électrique dès 60 000 km.

Dans l’usine californienne de Zero Motrocyle, une batterie de…. batteries en test !

Pour la moto ?

Quand l’être humain construit quelque chose ou produit de l’énergie, il pollue. On est bien d’accord avec François Bestel de Zero Motorcycle France. « En revanche, quand on conduit une moto électrique, poursuit-il, il n’y a pas de pollution directe. Et le jour où on produira la majorité de l’électricité de façon écologique, on aura tout gagné. » Même son de cloche du côté de Yoann Nussbaumer d’automobile-propre.com

« La fabrication et le recyclage des batteries est une vraie question. On en est bien conscients. Mais on sait produire de l’électricité propre alors qu’on ne sait pas faire du diesel propre. »

Certes, mais aujourd’hui l’électricité c’est avant tout le nucléaire en France, ou les centrales à charbon dans pas mal de pays comme l’Allemagne ou la Chine. Et tout ça jette un flou sur les réels bénéfices écologiques des véhicules électriques. Alors OK, il reste le vélo, mais encore faut-il qu’il n’ait pas été acheminé du bout du monde sur un énorme porte-container. Pas simple, on vous dit.

L’offre électrique

Retrouvez toutes les machines électriques distribuées en France en CLIQUANT SUR L’IMAGE

La moto électrique : Pour ou Contre ?

La question de la moto électrique fait débat. Aussi nous avons décidé de mener l’enquête et sommes allé dans les rues parisiennes interroger les motards et les concessionnaires. Absence de bruit, coût à l’achat, embarras du rechargement, autonomie… sont autant de contraintes qui nuisent au succès des motos électriques.

 

 

Conscient que l’échantillon parisien n’est pas du tout représentatif de l’ensemble de la population motarde française nous vous avons demandé votre avis sur notre page Facebook, vous avez été 1146 à répondre. Voici les résultats de notre étude.

L’avis des motards au sujet de la moto électrique
Les motards ne sont majoritairement pas prêt à opter pour une moto électrique.
Le budget que les motards seraient à investir pour une moto électrique est entre 3000 et 6000€

Mais…

Par Bertrand Thiébault, Xavier de Montchenu, Aurélien Ranéa et Rémi Darodes

Vos avis

  1. Desjardins le 04/07/2018 at 18 h 33 min

    Oui

  2. Fred.li le 27/10/2017 at 9 h 06 min

    On peut comprendre que la moto électrique soit une réponse aux problèmes de transports en ville (bruit, émissions locales etc), mais c’est manquer de rigueur et un peu de bon sens que de reprendre mot pour mot les communiqués de presse constructeur sur la durée de vie des batteries !
    Avouez qu’écrire que les batteries Lithium-Ion nous transporterons de 290 000 à 730 000 km selon les modèles c’est un peu fou non (pour ne parler que de ça) ?
    Ces batteries Lithium-Ion utilisées sur les smartphones, vélos-élec, voitures élec posent partout de graves problèmes de durabilité ! Sorties de leur plage de température optimum de fonctionnement (environ 20°c) elles perdent rapidement de leur capacité (15 à 40% sur 200km, ça fait 30 à 80km de moins !), leur nombre de cycle de recharge n’est pas infini (certains tests pratiqués montrent un effondrement entre 500 et 1000 cycles) et la capacité baisse même si on ne s’en sert pas !
    En automobile le coût de remplacement des batteries est estimé au 1/3 du prix du véhicule, une paille ! On devrait s’intéresser aux cas d’automobilistes qui se sont retrouvés confrontés au problème…

    1. Fred.li le 31/10/2017 at 8 h 32 min

      Fred.li le 27/10/2017 at 9 h 06 min Votre commentaire est en attente de modération.
      Le 31/10 à 8h 32, les modos sont en congés !

      1. François Lemaur le 02/11/2017 at 12 h 29 min

        Bonjour Fred,

        Sachez d’abord que l’équipe de Moto Journal est restreinte, que personne, dans le service, n’est préposé à cette tâche, et que nous ne passons donc pas nos journées à faire de la modération, surtout en cette période riche de nouveautés que sont les Salons de Tokyo et de Milan.

        D’autant que votre commentaire, portant une critique intéressante et construite, nécessite un peu de temps afin d’y répondre correctement.

        Evidemment, les chiffres avancés par les constructeurs sur la durabilité de leurs batteries n’ont été vérifiés par personne. Et il paraissent particulièrement élevés. Mais même si ces chiffres sont optimisés et théoriques, ils laissent une marge de manœuvre bien suffisante pour envisager la moto électrique comme une vraie alternative. Il ne s’agit pas de remplacer une BMW R 1200 RT ou une Honda Africa Twin pour partir en road-trip, ni même une KTM Super Duke R pour grimper en haut du Ventoux. Mais il faut reconnaître qu’une Zero est une alternative crédible pour qui roule sur un roadster mid-size afin d’aller au boulot et qui parcourt un kilométrage quotidien inférieur à 100 km (en prenant une grosse marge de sécurité). Et il y en a beaucoup.

        Mais surtout, l’électrique est viable pour ceux qui sont prêt à faire le pas. C’est là qu’est le vrai débat sur ce mode de propulsion. Etes-vous prêt à renoncer à un moteur thermique ou non ? Chacun est libre de répondre, en sachant parfaitement que le bruit d’une centrifugeuse ne remplacera jamais celui d’un pétoire à essence !

        Au fond, la question de la durabilité est un faux problème. En admettant que les chiffres constructeurs soient largement gonflés, la batterie durera, quoiqu’il arrive, LARGEMENT la vie de la moto. Prenons les chiffres que vous avancez sur la perte d’efficacité. Et prenons la fourchette basse. En admettant qu’on parcourt 150 km avec un “plein” de batterie sur une Zero (largement atteignable en conduite normale, nous l’avons testé), avec 500 cycles de recharge, on arrive à 75 000 km. Rappelons que le kilométrage moyen des motards en France et de 3 000 km/an. Ça laisse quand même 25 ans de répit avant les premiers signes de faiblesse… Sachant que si les premiers problèmes se pointent avant, les batteries sont, en général, garanties pendant plusieurs années (5 ans pour Zero).

        Bien sûr, la moto électrique pose de nombreux problèmes, notamment sur les bornes de recharge, le recyclage des batteries, le prix, la décote à la revente…etc. Et on ne changera probablement rien à l’avancée du réchauffement climatique avec ce type de moto. Mais pour qui est prêt à passer à ce mode de fonctionnement et qui en a les moyens, elle offre un plaisir indéniable et s’avère une vraie solution contre les problèmes de pollution dans les zones urbaines. Et c’est notre boulot, à MJ, de vous en parler.

        Merci, en tout cas, de nous lire et pour votre sens critique, propice à la discussion !!

        Bonne journée !!

        1. Fred.li le 30/01/2018 at 12 h 59 min

          Je ne critique pas le choix de rouler en électrique, cette solution, tant qu’elle ne “soustrait” pas les autres, est une nouvelle alternative. Pour beaucoup de monde, la vraie question est quand nous sera-t-elle imposée. Mais c’est un autre débat.
          Je ne suis toujours pas convaincu par votre foi en la durabilité des batteries, comme pour l’autonomie. Pourquoi les 2 roues seraient moins touchées que les autres (voitures, portables etc) ? La batterie perd également de sa capacité même quand nous ne nous en servons pas. On voit que Renault privilégie la location de batterie, et bien que l’argument du temps de recharge soit mis en avant, ses services techniques laissent entendre que la durée de vie des batteries pose un petit problème et qu’il est rassurant pour le client qu’il n’en soit pas propriétaire. Sans vouloir en faire trop, on peut évoquer également un autre cas d’actualité avec Apple qui s’excuse officiellement de ralentir son iphone 6 (celui sorti en septembre 2014 !) car la batterie lâche et propose une promo sur son remplacement…

          Il serait intéressant d’enquêter sur l’utilisation longue durée, moto ou auto, des véhicules électriques et leur durée de vie sur 5 à 200 000km. Mais personne pour en parler pour le moment. Parfois on parle d’autonomie réelle dans certains magazines, cf “Test Achats” de décembre 2017 qui allume les constructeurs sur l’autonomie communiquée, Renault Zoé 232km mesurés contre 400 annoncé, Opel Ampera à 304km contre 520, Nissan Leaf à 144 km contre 250, mais pas bcp plus..

          Enfin perso, je considère que pour participer à l’effort écolo, le mieux serait de consommer d’abord avec not’ collègue modération. Entretenir et arrêter de remplacer de + en + vite sous prétexte d’avancée écolo justement, courir de nouveauté en nouveauté comme un poulet sans tête, ça s’rait déjà pas si mal.

  3. PIBOLO le 24/10/2017 at 14 h 06 min

    J’adore, la phrase “Ou encore que la création de pollution locale en milieu urbain est largement en faveur de l’électrique dès 60 000 km” sachant que la distance moyenne annuelle parcourue par un motard lambda est de 5000 bornes, nous sommes loin du compte.
    Enfin je l’ai déjà dit, un réacteur nucléaire pour un million de voitures, sachant qu’ils veulent réduire la parc de centrales nucléaires, ce n’est pas gagné.
    J’espère que les prochaines présidentielles nous débarrasseront de ces technocrates et politicards menteurs.
    Vous feriez mieux de nous parler des lois qui vont interdire les motos et autos de moins de 5 ans dans les grandes villes aux alentours de 2020, le sujet est plus important et plus grave que de savoir si un fenwick sur deux roues est mieux qu’une vraie moto avec du bruit, du gaz, une boîte et des vibrations.

    1. Pierrot le 15/09/2018 at 8 h 50 min

      Quant à la fabrication des batteries, c’est nickel, zéro dégât environnemental. Les acides, liquide ou gel, c’est propre aussi (tout ça, à l’aller comme au retour, j’entends destruction, communément appelée “recyclage”). Une batterie c’est très exactement un réservoir avec un petit trou dans la tôle. Les moteurs à aimants permanents, c’est super élégant comme solution, le néodyme étant extrait par des esclaves dans certaines “républiques populaires”. L’orientation est à l’évidence nécessaire vers l’élec, mais il y avait d’autres solutions: par exemple l’injection d’eau dans la chambre de combustion. C’est pas une théorie à la noix, les Messerschmidt utilisaient déjà ça en l’n 40. réduction de la consommation de 30%, sachant qu’on ne fabrique plus de motos à carbus, c’est tout injection désormais. A mon avis, on favorise certains industriels de la batterie, sans se préoccuper de réalisme technique ni d’écologie. Les arguments sont tellement distordus qu’ils en sont devenus mensongers.