
Jeudi 18 février, à l’Hôtel Matignon, François Fillon, le Premier ministre, énumère les mesures qui vont être prises pour lutter contre l’insécurité routière. Moins de 10 minutes plus tard, tout est dit. (Photo Pierre Orluc)
Ça, c’est de l’équation, coco ! En 9 minutes chrono (!), le gouvernement vient de présenter ses 5 priorités en matière de sécurité routière et les 14 mesures qu’il entend prendre prochainement pour enrayer l’hécatombe.
On ne détaillera pas ici les 14 points, mais retenons la tonalité générale. Ça ne vous étonnera pas, elle est nettement répressive, puisqu’il « est hors de question de relâcher la pression ». Voici 4 exemples.
1) « Les panneaux n’annonceront plus seulement un dispositif radar fixe mais une zone plus vaste de “contrôles radar fréquents”. » Tous les nouveaux radars (800 de plus vont être installés d’ici fin 2012 !) seront « signalés par un seul panneau indiquant “contrôles radar fréquents” placés entre 1 et 2 km en avant du radar ». Ceci, on vous le donne en mille, pour éviter que certains usagers « ne ré-accélèrent juste après le passage du radar ». Ouh les vilains ! Coût de l’opération : 1 million d’euros.
2) 100 radars “vitesse moyenne” (autrement appelés radars-tronçons) seront mis en service à partir de 2011. On nous garantit qu’ils contrôleront la vitesse « dans des zones sensibles ».
3) Les grands délits routiers (conduite sans permis, grands excès de vitesse, etc.) seront sanctionnés « plus sévèrement ». Le véhicule sera immédiatement immobilisé et placé en fourrière pour une durée de 7 jours maximum, « sur simple décision du préfet ».
4) Le débridage des cyclos va être plus sévèrement sanctionné (135 € d’amende) et un contrôle technique obligatoire pour vérifier si le cyclo n’est pas débridé sera imposé tous les deux ans.
Côté points positifs, retenons tout de même : la volonté affichée de promouvoir des équipements d’aménagement de la route [qui] devront « être moins dangereux pour les deux-roues motorisés » ; la décision de combattre — pour la énième fois… — l’alcoolémie au volant et au guidon ; la décision d’imposer une formation de 7 heures pour les détenteurs du permis voiture (B), qui voudraient conduire une moto (125 maxi).
En revanche, la concertation sur les deux-roues motorisés, lancée à l’été 2009, n’a pas été évoquée. La Déléguée ministérielle à la sécurité routière, Michèle Merli, qui la mène, n’était pas présente à la conférence de presse.